L’un et le multiple chez Plotin et Proclus : IV. L’Un lui-même vers l’Intelligible puis vers l’âme : l’unité pure au-delà de l’être et la négation de l’Un

plotin IVSi depuis l’esprit il y a un point de rupture net, s’il n’y a plus de passage possible pour la pensée à un certain niveau de purification de l’âme, ou, à l’inverse, s’il y a une discontinuité temporelle dans la progression de l’Un vers le néant, ce qui nous intéresse à présent c’est l’interrogation sur le surgissement, le point de passage du multiple à partir de l’Un. D’où vient la multiplicité, d’où vient la multiplication dans l’ordre ontologique ? Lire la suite

L’un et le multiple chez Plotin et Proclus : III. La conversion plotinienne par la purification et l’unification. L’unité première comme centre métaphysique.

philo monde plotinC’est au traité 38 que Plotin fait référence à la connaissance, ou au contact du bien, en ce qu’il y a de plus grand, de plus élevé. S’il fait usage d’analogie, les négations mènent aussi à cette connaissance. Il s’agit de l’acte d’enlever, il s’agit donc d’un sens actif et pas simplement de dire « non ». Les connaissances portent sur ce qui vient de l’Un. Ces connaissances relèvent d’une certaine gradation. Dans le Banquet de Platon il y a une ascension des premières choses belles, et qui s’élèvent peu à peu vers des beautés plus élevées. Ces degrés sont comme les barreaux d’une échelle. Toutefois le beau en soi ce n’est pas le dernier degré. Le dernier degré est le point où l’on peut aller vers le beau en soi mais il y a discontinuité. Il y a chez Platon une discontinuité ontologique : entre l’Être, la Forme, l’Eidos, et les choses qui y participent. On retrouve d’ailleurs l’adverbe exaiphnès, qui signifie tout à coup, soudain, qui donne l’image très nette de la discontinuité temporelle. Puisqu’il y a discontinuité, le passage de l’Être au néant n’est pas progressif. Ce constat implique donc une aporie : « non pas ce qui nous instruit mais ce qui nous conduit ». À un certain point de cette progression il n’y a plus de passage pour la pensée. Ce qui conduit donc à cette impasse est la catharsis, la purification. Lire la suite