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Appel aux lecteurs : projet de témoignage littéraire

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MALTRAITANCE

Je témoigne

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Roman Autobiographique

Tome I : L’Antiquité

 

Chapitre 1: Aux origines de Rome :

Premier extrait :

« Mes souvenirs propres commencent là.

Je me souviens, vers deux ans de ce drap, étendu sur l’herbe, sous le figuier, pour que j’y jouasse.

Les figues noires tombées au sol, archi-mûres et talées, attiraient les guêpes qui me terrifiaient.

Je n’aimais pas jouer là.

Je préférais déjà être ailleurs.

À seulement trois ans, me souvenant porter des sandales ; aussi de ces cycas en pots, dans de petits containers de plastique noir, au pied d’une douce butte herbeuse, que je me plusse à gravir.

Je me rappelle même que ça m’était interdit.

L’herbe passait au travers des lanières foncées ; cela m’amusait et me plaisait d’avoir des chausses qui pussent laisser passer les informations sensorielles du sol, en dépit de leur nécessaire protection. »

Chapitre 2 : La fondation de l’Empire :

Premier extrait :

« « Ça veut dire que je devrai partager mes jouets ? »

Cette malencontreuse question, d’un enfant d’à peine trois ans, constitua déjà le premier d’une longue liste de reproches de toute éternité.

Là, se serait révélée la racine pivot de mon égoïsme, le rejet que je manifestais pour mon frère et envers les autres, tant que cela ne servît pas mes seuls intérêts ; ma prédisposition à le haïr, à haïr donc ; à le faire souffrir, à faire souffrir ; à vouloir même qu’il disparaisse si ce put être à ma disposition. »

Deuxième extrait :

« Les violences commencèrent à mes premiers souvenirs, et celles-ci avaient déjà une antique origine, surtout du côté de ma mère.

À eux deux, l’Empire trouva très rapidement son aube ; la rencontre du combustible et du comburant, la combinaison de la structure et de la fonction ; la levée du glaive à l’instauration d’un règne austère : déjà des claques, des fessées ; déjà des vociférations, des pleurs ; des douches froides et des plaintes hurlantes de chagrin et de désespoir. »

Troisième extrait :

« « Jean-Pierre! Pas le visage ! » «

Chapitre 3 : L’expansion :

Premier extrait :

« D’avant en arrière, nous tentions le plus souple des balancements que la branche, peu épaisse, pût nous offrir, jouant au maximum de sa résistance, quand celle que je tinsse alors, ne se décida plus à permettre de retour en avant.

Elle continua doucement de ployer, sans que je ne pusse rien pour la faire se redresser.

Manifestement en pleine fatigue, elle courba, jusqu’à ce que, dos au vide, je finis par m’y suspendre à bout de bras.

Lorsqu’elle céda dans un craquement qui annonçait ma chute, je la lâchai.

Je fis une descente de dix mètres, traversant toute la ramure, sans voir où j’allais tomber et finalement de plonger dans la piscine, à l’angle des deux rebords.

J’eus une chance incroyable, d’autant qu’il s’agît du côté le plus profond, là où je ne pouvais avoir pieds.

Je ressortis de l’eau, les vêtements suintants, chez les voisins.

La grosse branche était tombée sur le dallage parsemé de débris végétaux.

Alertés par le bruit, les parents d’Arthur apparurent rapidement en ouvrant une des portes vitrées à la parisienne, avec ses petits carreaux encadrés de bois.

Ils me regardèrent, hébétés, leur regard s’élevant aux arbres jusqu’à se reposer de nouveau sur moi ; des feuilles en forme de lames recourbées et autres fruits rigides continuant de choir tout autour. « Tu vas bien ? » finit-t-elle par me demander d’une voix si douce qu’elle ne pût que trancher avec le ton habituel de ma mère. »

Deuxième extrait :

« Ce jour-là, nos parents nous observaient depuis la cuisine, à travers la vitre, qui les camouflait de son efficace réverbération.

Mon père était certain de ce qui allait se passer.

Pour cette fois, c’était bien me connaître.

Ma mère voulut intervenir avant, mais lui préféra réprimer le pire.

Bastien chut, aidé de cette main providentielle.

Mes sens m’alertèrent d’un bruit sourd, caractéristique du danger paternel.

Je vis les reflets lointains de la bée vitrée bouger, bousculée par la rage qui implosait, et mon père d’en surgir dans une fureur démesurée, s’élançant de toute sa force pour me charger.

J’étais fait ! »

Troisième extrait :

« La rage véritable procède et se déploie pleinement dans une certaine intimité, aussi par l’idée d’un repli sur soi quand l’autre s’impose par l’invasion brutale et violente.

La rage ne laisse pas d’espoir à celui qui en est l’objet.

Ô rage, Ô désespoir… l’éducation par l’histoire, reconstituée grandeur nature !

Pour rappel, la véritable éducation à l’ancienne se veut puriste, radicale, en ce retour aux sources, une conception de l’éducation qu’on ne trouve que dans les cultures dites « traditionnelles », où éducation et rigueur se désignent l’une l’autre.

La Bible verse ainsi : « Qui ménage sa baguette hait son fils. Qui aime corrige avec rigueur. » Platon reprend quant à lui cette sentence des scribes égyptiens : « L’oreille de l’élève, c’est son dos. Il écoute quand on le bat. »

En grec ancien, comme pour moi d’ailleurs dans cette antique résurgence, le verbe paideuein, tiré de paideia, qui signifiait « éducation », finit par ne plus vouloir dire que châtier, corriger. »

Quatrième extrait :

« Ces mots, ces mots ne sont pas de simples images, ce sont les témoins du passé.

Face à la rage, on préfère ne plus exister, on préfère même sauter dans le vide ; on attend en boule, littéralement tétanisé, que l’orage passe.

On se comporte toujours plus comme un animal face à la rage.

C’est là aussi l’expansion de l’Empire, mais de l’extérieur vers l’intérieur, dans l’appétit sans limite, cette ferme obstination à vouloir me « corriger ».

Comme cette pluie oblique, ou ce verrou rustique, ce que je retiendrai toujours le plus précisément de mon père, c’est cette toute puissance à l’expression de cette rage furieuse, lui donnant sens de ses propres mains, que jamais non plus je ne saurais oublier.

C’était la rage du glaive, à la façon de cet ancien monde, où la loi consistait à laisser vivre ou à faire mourir ; dissuasion radicale, épuration par le feu et par le sang ; le sang, bouillonnant dans ses expressions ravageuses, nous le glaçant d’un regard froid et perçant, de sa voix caverneuse de Commandeur ; sous le feu de sa force de frappe ; le chaud et le froid de sa trempe.

Cet homme est un vrai Commandeur ; sous la masse insignifiante d’une immense statue grecque, elle-même bien abritée par d’épaisses enceintes qui ne montrent aux regards extérieurs qu’un homme apparemment inoffensif, mais qui en son « fort intérieur » est une personnification par la matière brute d’un homme qui manifeste, aussi dans ses élans de mégalomane, la puissance et la volonté d’un roi, d’un dieu ou du moins de quelque chose d’infiniment supérieur à l’enfant que je fusse.

Dépasser la ligne, c’était déclencher la colère du Dieu, figure d’un Zeus impassible et tout puissant, fureur de ses mains foudroyantes ; approcher la ligne rouge, c’était placer sa tête et tout son corps sous cette main de Damoclès.

Elles étaient dures, rugueuses, caleuses, recouvertes d’une peau si épaisse qu’elles en fussent naturellement rigides, ainsi grossies en volume, foncées par la terre et sillonnées d’obscures crevasses.

Pour être doué de ses mains, il l’était ; auxquelles rien ne sut résister, ou presque.

Elles marquèrent autant de lois, d’interdits, de menaces, de semonces, d’injonctions et de lignes à ne surtout pas franchir.

Si bien qu’elles finirent par nous quadriller, nous cernant de part en part.

Si vous ne faites pas telle chose, je vous en fous une !

Si vous faites telle autre, je vous en mets une !

Si tu continues à détester ton frère, je t’en fous une !

Si vous vous disputez encore, je ne ferai pas de différence, c’est les deux qui prendront !

Si tu as de mauvaises notes, je t’en mettrai une !

Je t’en mettrai tant que tu ne changeras pas !

Tu en auras marre avant moi ! » »

Cinquième extrait :

« Il sembla alors que, contrairement à lui, nous méritâmes une enfance ennuyeuse, et ennuyée !

Car jouer ne consista plus qu’à trouver le moyen de braver l’ennui, et donc de flirter avec le glaive de l’interdit.

Cela nous éduqua au goût de savoir prendre tous les risques, de les mesurer à l’aune de ce qu’un bénéfice pût aussi coûter, et de savoir calculer l’optimisation d’un tel ratio.

Nous fûmes contenus dans quelque chose qui nous rendît toujours plus sauvage, quelque peu animal, mais loin d’être idiot ou totalement aveugle :

« Ah ça ! Pour faire des conneries vous savez faire ! »

« Pour faire des conneries, là, vous vous entendez ! »

« Vous nous faîtes chier avec vos conneries ! »

« Vous n’avez pas fini avec vos conneries ? ».

Au moins ne nous fit-on pas le reproche d’être bons à rien, bien que sous la menace de le devenir si nous continuions à « ne rien foutre à l’école ».

L’ennui mortel ou la crainte de l’interdit durement réprimé ; nous dûmes toujours choisir, sauf à subir. »

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