PHILOTHERAPIE

PHILOTHÉRAPIE : Article n°50 : Terrorisme et sécurité : philosophons !

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Sortie d’école le jour de la rentrée des classes à Nice (derrière le centre commercial Nice Étoile), le 1er septembre 2016

Pour visionner, en préliminaire et en complément à la lecture de cet article, le reportage « Rentrée scolaire Nice 2016 – École & État d’Urgence » tourné par le collectif audiovisuel Bob Prentend To Be Blind Cliquez ici.

A priori, tout le monde connait cette expérience : mettez une grenouille dans une casserole d’eau bouillante, elle s’en échappera d’un seul bond ! Réitérez l’expérience avec une casserole d’eau froide et faites-la porter à ébullition : elle nagera tranquillement dans son petit contenant, jusqu’à se laisser mourir, ébouillantée.

L’eau froide de la société c’est cette illusion que tout ira bien, que les choses s’amélioreront disons, d’elles-mêmes. C’est aussi la rentrée, les fêtes de fin d’année, la tablette, le smartphone, Gulli pour les parents, TF1 ou une chaîne d’information continue, le « Gulli » pour les adultes. Chasse gardée sur les livres, la lecture d’articles philosophiques, sociologiques, scientifiques, même vulgarisés, chasse gardée également de toute voie alternative d’information ou d’instruction, parqués d’écrans, parqués dans tous ces écrans.

Depuis les attentats de Nice, il nous est dit que les choses ont changé, que la sécurité devient une priorité, qu’il nous faut des militaires et des fouilles de sacs. Or n’était-ce pas là ce que les autorités nous dirent et même ce qu’elles firent à la suite de ceux de Charlie Hebdo et de tant d’autres depuis des décennies ? Pourtant cela n’a rien empêché. Avant cela, des militaires attaqués au couteau n’ont pas suscité plus d’émoi que cela, pourtant c’est notre fleuron de la sécurité qui fut attaqué, plus que des hommes, des français, atteint à même leur chair, à même leur famille. Jusqu’où est-il ainsi possible de remonter ?

securite-vigipirate« Le premier plan Pirate, une mesure tout à fait exceptionnelle, mis en place pour lutter contre le terrorisme, a vue le jour en 1978. Il est prolongé en 1981 pour permettre au Premier Ministre d’être plus réactif en cas d’attaque (il n’est pas dit « attaque terroriste »). En 1991, le plan Vigipirate est créé pendant la Guerre du Golfe. Son but : « vigilance et protection des installations contre les risques d’attentats terroristes [nous y voilà] à l’explosif ». En 1994, j’ai moi-même « protégé » des gares en tant qu’appelé du contingent dans le 54ème régiment d’artillerie, en tenue militaire et FAMAS non chargé à la main. Depuis 1995 (attentats du RER B à Saint Michel et revendiqué par le groupe islamiste algérien), ce dispositif provisoire et exceptionnel est devenu permanent. Depuis 2003, il affiche un code couleurs pour les niveaux d’alerte (de blanc à écarlate). Aujourd’hui, environ 10 500 hommes sont déployés dans notre pays, « Il y a aujourd’hui plus de militaires mobilisés sur le territoire français que partout ailleurs à l’étranger où ils sont 9 500 » (Le Monde 24/04/15).

En mars 2014, deux niveaux d’alerte ont été ajoutés au code couleur écarlate permanent : « vigilance » et « alerte terroriste ». Comme si nous n’étions pas assez sécurisés, nous avons adopté une mesure tout à fait exceptionnelle (encore), mesure nommée « État d’urgence » (qui permet les perquisitions administratives, les interdictions de se regrouper et justifie qu’on rogne un peu plus nos libertés pour nous protéger – relisez Orwell ou « Matin Brun » de Franck Pavloff). En plus des militaires, des CRS et services de police, on fait appel à des sociétés de sécurités privées. Non, pas Thales (un des leaders mondiaux du marché sécuritaire), Thales c’est déjà fait à Nice avec la vidéosurveillance et tout le toutim. Tiens, savez-vous qu’une filiale du groupe Thales a été condamné en 2008 pour corruption active lors de la passation du marché de maîtrise d’oeuvre de tramway de la ville [de Nice] en 2002 ? Vous en êtes conscients, votre sentiment d’insécurité rapporte gros. »

securite-gay-prideC’est là l’extrait de l’article accompagnant le reportage tourné par David et Stéphane lors de la Pink Parade de Nice de cette année 2016, intitulé Pink Parade 2016 – Militantisme et État d’urgence dans le cadre du collectif audiovisuel Bob Pretends To Be Blind, mouvement alternatif de la société civile niçoise. L’eau de notre casserole vient de gagner considérablement en température. Mais le batracien y baigne comme de rien, nourri à l’opium de ses écrans. Comme le montrent ces deux reportages dont on peut saluer le travail, la qualité, ainsi que l’implication de leurs auteurs, l’on nous fait baigner dans un bouillon sécuritaire croissant. Et l’eau se trouble en chauffant !

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Article de presse lors de première édition, à Nice, de la Pink Parade en 2009 : format et état d’esprit bien différent de ce que l’on a pu connaître cette année (voire le reportage de Bob Pretends To Be Blind sur l’édiion 2016)

Trêve de cynisme, il faut en revenir à la philosophie. Sécurité, voilà le mot d’ordre, d’ordre… ! Or sommes-nous vraiment en insécurité ? Chaque jour, tout un chacun peut constater qu’il n’y a pas d’insécurité – du au terrorisme bien sûr, ne parlons surtout pas du reste –, on ne voit pas concrètement la menace terroriste, elle se manifeste inopinément, elle surgit. Cela montre bien que l’attirail sécuritaire n’est pas apte ni adaptée à juguler cette menace qui, quant à elle, existe bel et bien. De fait, dans toute sécurité – on peut ici songer à la sécurité informatique – il y aura toujours une faille. Ce que l’on a confondu et ce que l’on nous a fait confondre sans le moindre saut logique, on ne s’en donne plus même la peine comme cela devient de coutume, c’est la distinction entre le risque, la menace et l’insécurité.

securite-militaire-massenaLa menace, dans le cadre de la menace terroriste, est intentionnelle, elle vise à exprimer la volonté de nuire ou de contraindre à agir contre son gré, ou notre gré s’agissant d’un peuple ou d’une culture. Le risque quant à lui s’estime ou se calcule, soit mathématiquement, par des calculs de probabilités, soit intuitivement. Il s’agit donc d’apprécier ou de calculer la possibilité qu’un événement futur puisse causer du mal. Or si la menace est claire, en témoignent les innombrables messages de « menaces » des terroristes islamiques de tout groupe, le risque est quant à lui plus difficile à évaluer. D’ailleurs, qui s’est réellement posé la question de l’évaluation de ce risque, indépendamment des faits de menaces et des actes de terrorisme, ces derniers bien moins nombreux que les premiers, qui en ont découlé. S’agissant des volcans, on sait par les faits qu’ils menacent, par exemple par leur activité sismique ou géothermique, mais on a bien plus de mal à apprécier le risque qu’ils entrent effectivement en éruption. Et ce n’est pas en soi le seul fait qu’ils aient déjà explosé qui permet véritablement et en premier ordre d’estimer la probabilité qu’ils explosent de nouveau. À transposer cette image au terrorisme en France et l’on comprend très bien la distinction à faire entre la menace terroriste et le risque terroriste. Or déjà connecte-t-on trop rapidement la menace au risque, à l’appui des actes factuellement exprimés d’attentas ou de tentatives de le faire.

Connectons cela à ce qu’est l’insécurité et l’on comprend que tout est prêt pour provoquer une réaction chimique, je veux dire, une réaction sociale, qui peut nous faire changer d’état, ou d’État. D’un point de vue individuel et donc subjectif, l’insécurité consiste en une méfiance, celle de celui ou celle qui ne se croit plus être à l’abri du danger. Dès lors que l’on déploie une armada d’effectifs en tout genre de défense de l’ordre, c’est que l’on n’est, a priori, plus à l’abri. Mais sans cette « protection », qu’en serait-il ? Plus encore, la présence des militaires et autres forces ayant pour dessein de protéger du risque d’attentat n’augmente-t-elle pas le risque lui-même finalement ? Cela ne désigne-t-il pas plus visuellement encore la « cible » ? Plus encore ; des écoliers, des homosexuels, des juifs, des français, des occidentaux… et des militaires en prime dans le carnage ! Qui se pose la question ? Qui s’interroge ? Un mal-être se sent bien, et bien qu’ils fassent signe vers ce genre de questionnements, peu d’entre nous s’interrogent vraiment sur le sujet.

Donnez un territoire sans limite à un homme et il cherchera à le délimiter pour s’en faire une zone de confort, de sécurité. Mettez-lui des barrières et il cherchera à les franchir, à voir au-delà. Nous, nous sommes dans notre eau chaude, très chaude, trouble et encerclée des barricades de la casserole, que l’on cherche à rehausser incessamment, affairés de surcroit sur nos écrans, notre travail, notre budget mensuel etc. Nous, nous ressemblons, en l’état, plus à des batraciens qu’à des hommes, à la fois prêt à bondir, et en proie à l’asphyxie.


securite-plus-de-liberteLa sécurité est le plus cher désir de l’homme, c’est inscrit en sa nature comme en la nature de tout être animé. Pour reprendre les termes de l’expérience de pensée de Hobbes, même à l’état de nature, que l’on peut vulgariser sous l’expression de « loi de la jungle », l’homme cherche la sécurité, dans cet état de guerre de tous contre tous. C’est là où l’homme est un loup pour l’homme. Cela paraît suranné ? Pourtant cette fameuse expression hobbésienne ne fait-elle pas écho à l’expression de « loup solitaire » ? Devant nos écrans, on oublie trop facilement ce qui, pourtant, constitue en héritage les conditions de possibilités de notre si paisible et illusoire vie. Autrefois, comme s’ils n’eurent finalement qu’un rêve, voire un songe, les Lumières espérèrent et crurent qu’ils éclaireraient des esprits rationnels et non des yeux vides, reflétant une fois encore la seule lumière de ces écrans, connectés à une sorte de matrice (oui on peut ici faire référence au célèbre film de science-fiction ), matrice qui tient l’être entre deux réalités qui se confondent. Or la raison est, du moins pour Hobbes, une faculté de calcul. Je calcule un risque moindre à cesser d’être dans cet état de nature, de guerre de tous envers tous, qu’à y demeurer. Si je cesse de me comporter comme un animal apeuré et/ou agressif, je peux accéder à un autre rapport à l’autre, à un rapport de raison. C’est par ce biais qu’avec l’autre je peux passer un pacte. Et pour ce penseur du XVIIe siècle, si je trouve un moyen de sécuriser ce pacte, il pourra devenir un contrat. C’est là le socle le plus minimal dont on a tous hérité en politique, est c’est la condition certes non-suffisante mais nécessaire à l’obtention d’un état de droit, d’un état de paix, envers et contre l’état de nature qui nous pousse à toutes les prédations et à toutes les craintes : c’est le contractualisme politique.

Or c’est bien plus comme des animaux que comme des êtres humains raisonnés et raisonnables que l’on nous pousse à agir. L’on nous traite comme des bêtes effrayées au lieu de conserver le sens de notre existence, de notre culture et de nos valeurs. D’autres prônent la peine de mort, la « réciproque », bien que cela ne soit pas bien clair – doit-on aussi se radicaliser ?


La sécurité est, ou devrait être en la raison de tout un chacun, or la raison ne semble plus que sécuritaire. Toute mesure politique se justifie, trouve sa raison et se légitime en ce mot : sécurité. C’est ce qui conduit à parquer une marche des fiertés homosexuelle dans un lieu clos, inaccessible, quasi confiné et ultra contrôlé, à annuler bien des évènements culturels, à quadriller les villes de militaires, à protéger nos lieux d’instruction nationale comme s’il s’était agi, ailleurs, d’un pays sans ordre social et politique, en proie à toutes les violences. Il s’agit de pures et scandaleuses mises en quarantaine ! Il y a (peut-être !) des éléments néfastes dans un groupe, on va donc le mettre à part, le parquer, le mettre à l’isolement ! Pour rappel, la menace exprime la volonté de nuire, mais également et c’est ce qu’il faut souligner ici, de contraindre à agir contre son gré. Non seulement le terrorisme gagne sur ce terrain, mais nous nous laissons perdre au-delà de la peur qu’ils souhaitaient susciter. Nous corrompons notre propre identité, nos propres valeurs, notre propre démocratie. Au lieu de la laisser vivre, à défaut de la faire vivre, les politiques, à grand renfort de médias à leur solde, poursuivent et appuient l’oeuvre terroriste. L’on s’est cru à l’abri de tout alors que l’on est finalement très vulnérable, d’abord de sa propre vanité. Comme quoi vaut-il peut-être mieux surestimer son ennemi que faire l’inverse !

securite-militaire-parisDe là et comme à chaque fois, découle le fait que c’était avant qu’il fallait agir. Et qu’a-t-on fait d’efficace avant cela ? Rien, du fait même de la réussite croissante du terrorisme en France. L’on nous parle de changer d’ère, d’admettre de passer dans l’ère sécuritaire. Or on ne change pas d’ère, comme le dit si bien Stéphane, un des intervenants du reportage sur la sécurité dans les écoles, lui-même enseignant, une ère est longue et le temps de passage d’une ère à l’autre est en réalité très durable et très complexe. Toutefois, il serait plus juste de dire que l’on est en train de changer d’état, d’État. Si, sous le terme de « sûreté », la sécurité est un des droits naturels énumérés par la Déclaration des droit de l’homme et du citoyen de 1789, en même temps la sécurité a été l’alibi de tous les régimes répressifs aux yeux desquels la révolte sociale ne peut être qu’une expression d’anarchie. C’est aussi pourquoi il semble pertinent de faire ici mention de l’article n°45 rubrique Philothérapie, posant la question de savoir « Qui peut encore parler de démocratie ? », stipulant en liminaire qu’« En somme pour répondre à la question « Qui peut encore parler de démocratie ? » il faut ici dire que ce n’est pas à l’État seul de le faire. « Parce qu’il doit rester neutre, nous dit encore Pierre-Henri Tavoillot [Qui doit gouverner ?, éd. Grasset, 2011], l’État ne doit pas prétendre « changer la société », note de bas de page, p. 205. » C’est donc là qu’il est possible de se rendre compte à quel point l’équilibre démocratique de notre modèle politique est rompu. Car il n’est question que de cela, que de changer de société, de civilisation, de mœurs, de mentalité. » Et à présent de poursuivre mon propos, de changer de régime politique, passant d’un régime politique de paix, de droit, de liberté et de sécurité à un régime de répression, où la présomption de culpabilité prend dangereusement le pas sur la présomption d’innocence, où la méfiance voire la défiance veut peu à peu remplacer la confiance, cette fraternité toute naturelle de tous pour tous. Le danger n’est pas tant ou pas plus celui du terrorisme que celui de ce choix sécuritaire liberticide, ce choix du risque d’un crime contre sa propre culture, contre le peuple qui la constitue et la fait vivre, son héritage que l’on a conspué et mis à mal, son avenir que l’on met toujours plus en péril. Ce n’est pas notre seule sécurité qui est menacée par le terrorisme, c’est avant tout notre civilisation, notre culture française qui est attaquée. Alors comment répondre si ce n’est déjà en se tenant debout par elle et pour elle ! À vraiment croire que nos politique ne veulent vraiment pas ou plus la défendre pour ce qu’elle est ou devrait être !

Même ce parti, la « gauche » pour ce qu’elle peut représenter, se tue elle-même, elle qui choisit les mauvais côtés, et je dis bien les mauvais côtés, du socle philosophique qu’elle se donnait pourtant de combattre, celui de Hobbes, en son urgence de sécurité, réponse élémentaire à la question de la nécessité de la politique pour l’Homme, optant pour la sécurité absolue, aussi d’ailleurs pour un absolutisme politique pour éviter que l’Homme ne retombe en son état de nature, celui d’une guerre permanente, d’une crainte constante de l’autre en son pouvoir absolu et bestial d’intenter (on retrouve là un mot proche de celui d’attentat) à tout autre du moment que cela puisse concourir à son désir de sécurité, de survie, de persévérer dans l’être, ce qu’il appelle le conatus. Pourtant depuis Hobbes, la philosophie politique a fait bien du chemin ! Voilà ce vers quoi l’on nous fait et nous laisse régresser, vers ce « sécuritarisme », donc vers l’état de nature et donc de guerre. Ne disent-ils pas d’ailleurs que nous sommes en guerre sur notre propre territoire ? Oui mais contre qui après nous avoir scandé contre quoi ? Où est donc passé l’Émile de Rousseau, si cher à ces ex-bien-pensants ? Comment Émile peut-il découvrir son monde et vagabonder en libres expériences dans une société entravée de toute part ? Où est la nature naturellement bonne de l’Homme qu’il faut élever, cultiver, pour éviter que la société ne le corrompe ?

En ce sens, c’est-à-dire dans le contexte de la pensée hobésienne, les terroristes sont des barbares, pas tout à fait des animaux mais des hommes entre état de nature et sécurité de soi absolue, envers et contre tous, qui mettent la raison du seul côté de cet état de guerre tel que celui décrit par Hobbes. Ces derniers, s’ils ne sont pas politiquement très évolués, ont pourtant bien mieux compris que nous ce qui faisait tout autant et tout à la fois notre force mais aussi notre faiblesse ; notre contractualisme politique, notre pacte social et notre union nationale.

securite-liberte-meurt-en-toute-secuL’on pourrait se dire que c’était avant qu’il fallait agir, comme cela a été dit. C’est bien là qu’il faut assurer notre sécurité, contre le terrorisme et non contre nous-mêmes comme cela vient d’être démontré. Car il faut aussi se dire que si demain d’autres faits de terrorisme venaient à surgir de nouveau, il aurait fallut agir avant. Il faut donc agir aujourd’hui. Si elle peut paraître épineuse, taboue voire même être à l’encontre de toute « version officielle », la question des moyens de juguler cette menace pour diminuer effectivement le risque d’attentat est plutôt simple. Nos services de renseignements sont à la pointe et plutôt efficaces, notre armée est, même à nuancer le propos, moderne, puissante et elle aussi efficace, notre société tient encore sur un socle commun suffisamment consistant (aspiration au droit, à la paix, à la sécurité et non cette mise en quarantaine grossière et dangereuse, à la liberté d’expression, de pensée, de disposer de l’espace publique pour ce qui est des choses publiques bien sûr etc.). Le problème vient plus du fait que l’on préfère se défendre inefficacement et dangereusement plutôt que d’attaquer intelligemment et surtout légitimement. Car si la gestion du risque n’est pas forcément sécuritaire, elle peut induire une réponse ferme nécessitant l’usage de la force, donc de la violence pour faire autorité de sa légitimité à exister en tant que culture. Car si nous sommes isolés à avoir fait le choix des universaux, ces derniers n’ont pas à se restreindre à notre seule décision de les avoir démontrés et adoptés  ! Encore nous faut-il ne pas chercher à les imposer au reste du monde, signe manifeste d’une contradiction qui minent ces concepts et leur caractère universel. Ils furent universaux car nous les choisîmes librement, en conscience, par raison ! Mais ils perdent et fuitent de toute leur substance lorsque l’on cherche à les imposer à d’autres par quelque moyen que ce soit, car la liberté les meut et les anime en leur essence même ! Mention faite, non sans un certain soulagement, de cet acharnement à s’ingérer si illégitimement et si dangereusement dans les affaires politiques d’autrui, au nom d’ailleurs d’un peuple que l’on ne consulte jamais sur ces questions, j’entends celles de politiques internationales, dont le peuple français est totalement dépossédé, il faut en revenir à la question de l’usage de la force et donc de la violence. Pour qu’à son tour celle-ci ne soit pas aveugle, animale et illégitime, il faut qu’elle porte en elle du sens, celui justement de sa légitimité. Et cette légitimité à user de la force est tout entière, celle de la volonté d’un peuple éclairé sur ces questions, un peuple qui ne se fourvoie pas derrière l’illusoire responsabilité de ses piètres représentants, un peuple qui s’interroge au lieu de se radicaliser ou de s’ignorer à sa façon. C’est celle d’un peuple qui partage ses interrogations et non ses seuls désaccords au motif d’une discorde toujours plus encline à alimenter le règne de la division au profit d’un affaiblissement démocratique qui engraisse toujours plus ceux qui se servent au passage, et qui motive chaque jour un peu plus la volonté de nuire de ceux qui veulent nous détruire, au profit d’une ère que peu d’entre nous ne veulent et ne pourront de toute façon connaître ! Là en d’autres termes et pour vulgariser mon propos, ce sera eux ou nous. Comment ? En vivant au sein d’un territoire sûr. Mais qu’est ce qu’un territoire sûr ? Pour un fermier, la sécurité de ses terres commence par la sécurisation de ses limites ! Pour sécuriser son bétail, on ne sécurise pas chaque vache, on ne parque ni ne met en quarantaine chacune d’entre elle. Il en va de même pour un peuple et le fruit de son élevage, de son éducation : sa culture ! C’est le sens de la défense de nos frontières, c’est là le sens même d’une frontière. Nos frontières, pour ce qu’il en reste, ne sont plus comprises puisque, de fait elles ont été vidées de leur sens le plus essentiel : la défense du parc culturel français. Les frontières n’ont pas d’abord vocation à exister contre autrui, mais pour chacun, dans le respect de ce qu’elles délimitent , un peuple, sa terre et sa culture. Cette conversion-là du regard et de l’esprit est plus que nécessaire pour agir et pour agir au mieux, pour ne pas tomber ni dans le travers anarchiste, ni dans le travers répressif ; et ainsi demeurer et rester ce que nous sommes : un peuple, une culture, un art de vivre, une bienveillance de tous pour tous, une joie de vivre en ce que les choses simples et élaborées ont à nous donner de jouir, dans un respect déjà propre à concourir à ces choses-là, en toute simplicité, ce qui fait des hommes et des femmes de ce territoire des français. Ici de conclure que l’étonnement philosophique passe avant tout par le questionnement. Pourquoi ne pas se poser de questions, pourquoi ne pas savoir, pourquoi ne pas être ce pourquoi nous avons véritablement des raisons d’être fier, d’être avant tout des esprits critiques et libres !

À présent, n’est-il pas grand temps de s’interroger ?

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