L’histoire : Entre vécu et récit : Introduction et première partie : « Histoire naturelle et histoire humaine : faut-il les opposer ? »

L’histoire : Entre vécu et récit

Première partie : Histoire naturelle et histoire humaine : faut-il les opposer ?

Sommaire :

Introduction

A.L’histoire humaine est-elle le prolongement de l’histoire des espèces ?

B. La spécificité de l’histoire humaine

Introduction :

Il y a une ambiguité dans la notion d’histoire. En effet l’histoire désigne à la fois le déroulement des évènements vécus par une collectivité (l’histoire se vit collectivement). Et d’autre part l’histoire désigne le récit des évènements et c’est le propre de la discipline historique de les relater.

Il faut savoir que si en français nous n’avons qu’un seul mot pour « histoire », en anglais comme en allemand il y en a deux, « story », « History », « die Geschichte », « die Historie ».

L’une des questions que l’on peut se poser concernant l’histoire est de savoir dans quelle mesure il existe une science historique par rapport à d’autres sciences ?

On peut donc distinguer la science théorique de la science historique à partir du constat suivant : une science théorique renvoie à une système de lois selon lequel s’enchainent les phénomènes, or en histoire on ne peut que remonter de l’état actuel aux états qui l’on précédés, et ainsi définir des évolutions. C’est ce que fait l’histoire, sans toutefois pouvoir établir des lois qui définissent toujours des répétitions.

Alors que dans les sciences théoriques les analyses sont des mesures, dans la science « historique » on décrit des phénomènes singuliers. Le rappel du passé cherche à établir les faits et à les relier. Finalement l’historicité des évènements dépend du caractère non intégralement explicable par des lois des évènements eux-mêmes. Le hasard joue donc un rôle en histoire.

Définition : selon Cournot (XIXe siècle) le hasard est « la rencontre de deux séries indépendantes d’un système et d’un accident. » Le hasard se définirait donc par le croisement de plusieurs logiques différentes.

1ère partie : Histoire naturelle et histoire humaine : faut-il les opposer ?

A. L’histoire humaine est-elle le prolongement de l’histoire de l’espèce ?

Musée d'Histoire Naturelle de Paris

À un certain égard les transformations sociales prennent la suite de l’évolution vitale. L’apparition de la conscience résulte aussi de l’apparition de la vie. L’anthropologue Leroy-Gourhan explique que l’homme s’est détaché de l’animalité à partir du moment où il y a eut accroissement de la masse volumique du cerveau d’une part et d’autre part par la libération de la main (grâce à la bipédie et la station « debout »).

Ainsi on peut considérer que l’évolution de la vie, que des mutations génétiques, ont contribué à sortir l’homme de l’animalité (l’homo erectus). Pour qu’il y ait homme il ne suffit pas que l’homme se distingue de l’animal.

  • Si l’on fait remonter l’histoire à l’apparition de l’écriture cela implique qu’une société soit organisée, il n’y a donc d’histoire que collective. Hegel par exemple va même jusqu’à dire qu’il n’y a d’histoire que d’Etats. L’histoire représente donc un vécu collectif. Un peuple selon Hegel qui n’aurait pas d’Etat d’aurait pas d’histoire.

  • L’histoire humaine finalement reconstitue un ensemble de faits qui ont été vécu par des êtres raisonnables (l’histoire est donc raison) et définie un type de vérité qu’on peut appeler ontologique c’est-à-dire qui porte sur ou qui définie l’être, à l’inverse des sciences de la nature qui aboutissent à des vérités logiques.

B. La spécificité de l’histoire humaine :

Dire que l’homme à une histoire implique un certain mode de conservation du passé dans le présent et suggère que l’histoire est précisément inséparable de l’essence de la nature humaine pour trois raisons :

La première s’explique en ce que l’homme, l’humanité devient ce qu’elle est à travers le temps (l’histoire serait le temps que les hommes se donneraient pour se réaliser comme humain).

La deuxième raison s’explique en l’édification par l’humanité d’oeuvre qui survivent.

La troisième raisin s’explique quant à elle en ce que les hommes recueillent les monuments du passé. De fait, on édifie et on recueil, entretient, transmet.

L’histoire existe aussi à partir du moment où les hommes se transmettent leurs conquêtes communes et progressent par cette enchainement.

On peut aussi noter que l’humanité à une histoire parce qu’elle se cherche une vocation. Elle chercherait dans l’histoire à trouver la finalité de son existence.

L’humanité à sa propre histoire tandis que les autres espèces relèvent d’histoire de la nature.

L’espèce humaine a crée des instruments et des monuments qui lui ont permis de se transformer elle-même. Les progrès technologiques améliorent nos conditions de vie et le recueil des monuments du passé entretient la mémoire collective voir, créer une conscience collective.

L’histoire implique encore un lien spirituel entre les esprits, c’est toujours l’histoire des esprits, des consciences qui ont vécu avant soi. Et c’est précisément l’irréversibilité des évènements qui intéressent l’historien.

Remarque : qu’est ce qu’un événement ?

On peut l’interpréter de trois façons. C’est d’une part ce qui surgit en face de la conscience, il n’y a pas d’évènement sans témoin, donc sans témoignage en conséquence (de l’évènement). D’autre part et en second lieu l’évènement c’est ce qui surgit de la conscience, c’est l’idée qui fait faire. Les acteurs de l’histoire ont des intentions, ils ont des mobiles et des motifs. Et troisièmement l’évènement c’est l’action, ce qui surgit par la conscience.

Les évènements ne sont historiques que si les actions ont une conséquence sur les collectivités. Un événement trop singulier qui n’aurait pas de conséquence sur le autres n’a rien d’historique. Le concept d’histoire n’est donc pas lié à l’hypothèse d’un total, ce qui reste décisif c’est la conscience que les homes ont d’un passé et la volonté de se définir en fonction de lui.

Nous avons donc des consciences historiques différentes selon la conscience que l’on a du passé. Sans doute les hommes politiques ont une conscience aiguë de l’historicité en raison de leur volonté de laisser des traces dans l’histoire.

L’histoire en tant que discipline cette fois commencerait donc à partir du moment où l’intérêt de l’historien s’attache à des réalités individuelles précises. Notons en revanche que l’histoire n’est vécue que collectivement.

L’historien s’intéresse au individus alors que le scientifique s’intéresse aux exemplaires d’une espèce. L’historien ne s’intéresse qu’à des évènements localisés, éphémères et qui ont une durée.

L’historien est paradoxalement capable de comprendre directement et non par l’intermédiaire de lois une succession de fait car pour ranimer le passé il n’a besoin que de deux choses ; de documents et de son expérience.

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