PHILOTHERAPIE

PHILOTHÉRAPIE : Article n°12 : « Société et symptôme : Comment diagnostiquer la maladie ? »

Cet article porte principalement et surtout sur le symptôme et son interprétation dans le cadre de la société. Le symptôme est un ensemble de signes et plus précisément c’est le signe manifeste d’un dysfonctionnement. Le signe est un phénomène sensible, un élément d’interprétation. Le signe indique quelque chose, quelque chose de manifeste et donc qui existe nécessairement, qu’on ne peut pas nier. Dans le cadre de cet article il va être question de savoir comment repérer un symptôme et comment l’interpréter. La société sera considérée comme une organisme biologique, quelque chose de vivant pour montrer qu’elle peut être affaiblie, malade et que cela se reflète justement par des symptômes. C’est le premier point de cette article, faire de la société un être vivant et la comprendre comme telle afin de savoir ce qu’est l’état normal de la société, ce en quoi on peut dire qu’elle est en bonne santé. Ce second point montrera que la quête de santé d’une société va aussi et malheureusement dans le sens de son affaiblissement, de son exposition à la maladie. Il conviendra de fait de définir la maladie d’une société, ce passage de la santé, de la norme consistant à un bien-être à un mal-être, une anormalité, un dysfonctionnement.

Nous conclurons sur le statu du médecin de la société et la responsabilité qu’il porte dans l’exercice de ses fonctions. Cet article est extrêmement important pour l’exercice de cette médecine particulière qui peut être celle de tous médecins, de tous sociologues, philosophes mais encore de tous politiciens. Car le fait que la maladie soit un extrême, celui de la santé, cela n’implique pas que son diagnostique en fasse partie ou en constitue un aussi. Car si le diagnostique est douloureux c’est parce qu’il révèle l’existence, il fait exister quelque chose chose qui était comme inconscient et caché derrière des lapsus, des symptômes, mais ce n’est en aucun cas le diagnostique qui fait la maladie.

La société est vivante en cela qu’elle est un ensemble d’individus en mouvement et perméable. Comme le vivant, c’est un ensemble organisé dont le mouvement est auto-référentiel. Est auto-référentiel ce qui se fait de lui-même et par lui-même en intégrant les contraintes extérieures dans son processus d’évolution. Le vivant obéit à une norme, un fonctionnement qui le définit comme étant en bonne santé. Il en va de même avec la société. C’est-à-dire qu’il est possible de la dire en bonne santé lorsque celle-ci fonctionne bien, lorsqu’elle fonctionne selon sa norme. Pour l’avoir souvent expliqué dans mes articles à travers la pensée de M. Foucault, la norme de nos sociétés c’est la loi. La société peut donc bien être considérée comme quelque chose de vivant. Cependant, peut-on dire de la norme du vivant qu’elle est comparable à celle de la société ? On peut le dire en cela que toutes deux sont évolutives. Le vivant se fait en faisant sa norme. Comme nous le dit G. Canguilhem dans Le normal et le pathologique, le vivant a besoin de la maladie pour se faire, pour faire sa norme. Autrement dit le vivant a besoin d’intégrer la maladie pour se faire, pour se créer, pour évoluer. La maladie est ce qui définit le vivant, elle en devient même la condition. Car en intégrant la maladie, le vivant la dépasse et se dépasse ainsi lui-même, ce qui était sa norme, il en garde la marque et évolue. S’il n’évolue pas, s’il n’intègre pas la maladie, il meurt et reste à l’état de matière inanimée. En ce sens et c’est très intéressant, la maladie n’est plus négative, elle n’est plus une condition de la mort mais du vivant, de son élaboration et de sa création.

La norme de la société est elle aussi créatrice au sens où elle est faite par l’ensemble des libertés de chacun des individus qui la composent et qui agit à son tour sur eux. Cette norme intègre donc l’apparition de dysfonctionnements en les normalisant. Par exemple il est aujourd’hui normal de donner des conditions de vie décentes à des criminels incarcérés alors qu’avant d’être normative la loi tranchait brutalement entre l’innocence, le laisser-vivre et la culpabilité, le faire-mourir. De nos jours la loi intègre l’individu « anormal », elle cherche toujours à intégrer le dysfonctionnement. En ce sens la norme de la société est comparable à celle du vivant. Ce en quoi elles ne sont pas comparables c’est que la norme du vivant tend à le diversifier alors que la norme de la société tend à unifier, à simplifier. Tandis que la norme du vivant permet d’acquérir des capacités d’adaptation, des moyens d’intégrer la maladie, la norme de la société l’en prive. Elle intègre les dysfonctionnements sans en garder la marque, au contraire la norme sociale fait tout pour effacer la différence. Les exemples ne manquent pas et peuvent être très simples. Si l’on dit qu’il y a une différence entre un musulman et un européen, des forces très vives tendront à effacer ce discours, cette marque de différenciation. Et ce même si cela est véridique. Le texte du Coran montre de façon claire et manifeste l’incompatibilité de la charria et de la démocratie mais peu importe, les musulmans sont des français ; on efface par tous les moyens le dysfonctionnement en effaçant son symptôme ici exposé. Comme annoncé en introduction, nous voyons bien que la quête de santé de la société va aussi dans le sens de son affaiblissement. Il convient donc de s’intéresser à ce passage entre la santé et la maladie en expliquant en quoi la société s’affaiblit en se normalisant.

Pour cela nous allons prendre l’image d’une serre avec une seule culture gérée automatiquement sur une très grande surface. C’est notre société normée et auto-référentielle. Il s’agit d’un tout harmonieux et sûr avec des lois très nombreuses portant toutes sur ce même végétal dans l’adéquation de ses nombreuses caractéristiques. En horticulture, le problème important si ce n’est majeur de ce genre de production est que si un organisme nuisible ou prédateur parvient à entrer dans ce milieu et à déjouer ses lois, par exemple celles du pesticide, du fongicide ou bien de l’insecticide pour profiter de celle consistant à produire un végétal en grande quantité toute cette harmonie est mise en très grand péril. Car l’élément étranger dit nuisible en horticulture, quel qu’il soit, désobéit aux lois de cette serre spécialisée, profite et sait profiter cependant de ce qu’elle produit. De quelque intrus qu’il s’agisse ce dernier perturbera tout le fragile et fin équilibre de la serre et en affaiblira la production, le végétal initialement souhaité. C’est le problème de toute monoculture, ce en quoi il faut savoir reconnaître la différence avant de l’accepter. En horticulture reconnaître cette différence c’est pratiquer une production variée, c’est reconnaître l’importance de la différence. De fait si une culture est parasitée, le parasite sera limité par la quantité des végétaux et les autres seront toujours là pour assurer la rentabilité de la serre c’est-à-dire sa pérénité. La différence est capitale et je l’ai déjà affirmé et démontrée dans mon article sur l’immigration. Je précise ici dans cette image, pour les mauvais interprètes de symptômes, que les musulmans ne sont pas des parasites. Tout n’est pas à emprunter à cette image et je défend quiconque de le faire, pour le respect d’autrui ainsi que l’intégrité de mes idées et de ma théorie.

Cette production horticole variée est dite réfléchie par ce qu’elle sait qu’une grande culture est aussi rentable que vulnérable. Car la prolifération des parasites est proportionnelle à la quantité de nourriture dont elle dispose. Pour s’en faire une idée, il est possible de se référer à cette devinette que tout le monde connait : « Un nénuphar double sa surface chaque jour. Il a mis 17 jours pour recouvrir la moitié de la surface de l’étang. Combien de jours mettra ce nénuphar pour recouvrir toute la surface de l’étang ? ». Il en va de même avec les parasites d’une monoculture et il en va de même avec le mal-être d’une société s’il n’est pas décelé et maîtrisé.

Déceler un symptôme implique d’avoir une vision globale du vivant, de savoir quel est son cycle de fonctionnement normal, sa dynamique de santé. Il en va de même avec une société pour laquelle il faut avoir une pensée systémique. D’où mon exposé de la Théorie constructive (Article XV) avant de présenter ici ce qu’est un symptôme et les conditions de son diagnostique.

Le diagnostique est le raisonnement qui conduit à la cause d’un dysfonctionnement. Faire un diagnostique, c’est raisonner avec des signes que l’on interprète comme étant des symptômes. Il ne s’agit pas d’une interprétation au sens de ressentit ou d’intuition bien qu’ils puissent y prendre part, il s’agit tout d’abord d’un raisonnement. C’est sur ce raisonnement que peut être jugé le diagnostique et non pas sur la maladie mise en évidence. Ce jugement s’appuie sur une vision de la société, une théorie, une pensée systémique qu’il convient d’exposer dans un diagnostique pour que celui soit pertinent. Comme je l’ai dit si la maladie est un extrême, le diagnostique de celle-ci ne l’est pas pour autant.

Celui que je porte dans cet article révèle comme maladie un affaiblissement des défenses immunitaires de la société. C’est-à-dire que je ne montre pas tant du doigt une maladie qu’une faiblesse de la société consistant à ne pouvoir dépasser la contrainte et évoluer en l’intégrant. La société n’intègre pas, elle est intégrée, ce en quoi elle se désintègre de l’intérieur. Je le rappelle ici, si le diagnostique est douloureux c’est parce qu’il révèle l’existence de la maladie. Mais en aucun cas le diagnostique ne peut et doit être nocif pour la société. Si le traitement proposé ne plait pas, s’il paraît être un mal cela ne signifie pas qu’il est négatif pour autant, ou pire que la maladie lui est préférable. C’est comme lorsque l’on fait une piqure ou que l’on prend un médicament qui a mauvais goût. Pour guérir d’un mal, il est souvent nécessaire de passer par une phase désagréable si ce n’est douloureuse. Par exemple, concernant cet affaiblissement de nos défenses immunitaires, il serait urgent de rétablir une identité nationale forte et cohérente. En France par exemple il ne faudrait plus entendre parler où que ce soit de « mythe du français » car c’est un symptôme criant d’une agonie amorcée. Il faut aussi et c’est la position de mon article XIII limiter l’immigration et la réfléchir considérablement en vue de ces défenses immunitaires. Il faut renforcer l’apparaître des lois dans leur application en justice ou bien encore refaire de l’éducation une véritable « éducation nationale ». La liste n’est pas exhaustive et constitue la pierre de touche d’articles futurs.

La responsabilité du médecin est donc très grande parce qu’il doit être capable de déceler des symptômes, de fonder rationnellement un diagnostique, d’avoir le courage d’exposer la maladie ou le dysfonctionnement et enfin de savoir proposer un traitement, même en sachant que ce dernier aura de fortes chances d’être mal reçu. Sa responsabilité est très grande mais en aucun cas il n’est responsable de la maladie puisque celle-ci arrive parce qu’il y a vivant, parce qu’il y a société et non pas parce qu’il n’a pas su l’éviter. Par définition l’inévitable ne peut être évité mais simplement repoussé et/ou préparé. Il n’est pas inintéressant de savoir qu’à l’Antiquité grecque le médecin était contrairement à nous payé lorsque son patient était en bonne santé, alors que nous nous le payons quand nous sommes malades. Le médecin de la société contrairement à celui du corps est à l’image du médecin de cette Antiquité, il a toujours pour but de proposer la santé, il ne faut pas l’oublier. Il faut donc savoir reconnaître un symptôme dans un système cohérent et fidèle au vivant dont on est le médecin, ici la société. Ce médecin c’est chacun d’entre nous en tant qu’individu et citoyen, mais aussi en tant que sociologue, philosophe ou bien encore politicien. Il s’agit d’une équipe d’architectes, comme il s’agit ici d’une équipe de chirurgiens. Cette équipe doit être hiérarchisée selon les spécialités, en cela que le philosophe est bon pour diagnostiquer et le politicien est bon pour appliquer et faire appliquer l’admission du traitement.

Bibliographie :

  • M. Foucault, Histoire de la sexualité, Tome I, La volonté de savoir.
  • G. Canguilhem, Le normal et le pathologique.
  • H. Bergson, L’évolution créatrice.
  • S. Freud, Cinq leçon sur la psychanalyse.

Rubrique Philopure :

  • Commentaire : Foucault, Histoire de la sexualité.
  • Peut-on réduire le vivant à une machine ?

Rubrique Philothérapie :

  • Article VI : Burka : vérité cachée.
  • Article VIII : La philosophie comme médecine.

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