PHILOTHERAPIE, Article XII : « J’accuse : La réalité des Cités Universitaires »

CROUS, CNOUS, DSE, RU, BU, Cité U autant de termes à découvrir dès lors que l’on fait le choix des études supérieures en université. Le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) dont le CNOUS en est la version nationale s’occupe des DSE (Dossier Social Étudiant) ou demande de bourse ou encore des Restaurants Universitaires (RU). Mais l’objet des dénonciations qui vont être faites sont les Cité U ou Résidences Universitaires. Sur le plan formel c’est-à-dire administratif, les Résidences Universitaires permettent à certains étudiants d’être logés à proximité de leur université dans des chambres à faibles loyers. Lorsque les étudiants intègrent ces résidences ils signent un règlement intérieur fourni qui interdit notamment la détention et la consommation d’alcool. Ce règlement repose aussi et surtout sur le respect de chacun pour faire des cités universitaires des lieux de vie et d’étude. Après deux années de résidence et quatre mois en tant que veilleur de nuit c’est-à-dire employé du CROUS je tiens à démentir cette image hypocrite et mensongère. Hypocrite par l’inaction et le manque de moyens dont le CROUS et les responsables de ces cités font preuve et mensongère par le silence qui dissimule une réalité qui va ici prendre un tout autre relief. Il va être question de décrire d’une part ce qu’est la vie d’un résident, ici à Nice dans les résidences universitaires Baie des Anges et Saint Antoine que ce soit sur le plan de la sécurité, de l’hygiène ou en passant par la prise en charge des étudiants. D’autre part il va être question du fonctionnement en interne de la résidence Baie des Anges de part mon expérience de veilleur. Cet article sera ainsi le recueil et l’écueil de deux ans de calvaire en tant que résident, de confidences d’employés et de mon étonnement, ma stupeur et mon indignation en tant qu’employé. Tout ceci pour mettre en garde les futurs étudiants en montrant qu’une cité universitaire n’a rien de saint ou d’angélique.

Sans plus attendre je vais commencer par dénoncer les conditions d’hygiène déplorables et honteuses que des centaines d’étudiants et moi-même ont eu à souffrir avant que des travaux ne soient enfin entrepris. Avant de préciser la nature et les conséquences de ces travaux, je vais décrire quelques anecdotes qui permettront à chacun de se figurer la peste de ces cités universitaires. Il y a tant de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. Prenons tout d’abord les lieux communs et plus précisément les douches. Déjà, les lavabos (Baie des Anges) ne sont pas utilisables. Dans la même journée il m’est arrivé de voir un étudiant y faire sa vaisselle, puis un autre laver son linge ou ses chaussures pleine de boue et un autre enfin de laver les pieds pour sa prière. Les douches sont du même ordre à la différence qu’il n’est pas possible de ne pas les utiliser. La peinture des murs est écaillée à tomber en morceau au sol. La moisissure noircit les murs, le calcaire encrasse les pommes de douche parfois au point de ne laisser que des jets éparses. Les murs et le sol sont régulièrement tapissés d’une floraison plus ou moins importantes de poils. Bien entendu, il est rare que la douche soit rincée après usage et il m’est même parfois arrivé de trouver des excréments dans le bac qui ont d’ailleurs une fois été laissé en l’état par les agents d’entretien pendant deux semaines. Puisque je parle d’elles, il est important de savoir que ces agents font preuve d’un sang froid et d’une distance qui m’ont beaucoup étonné. En dépit de ces conditions de travail que je décris ici, il faut savoir que ces agents assurent un grand travail de qualité jamais assez mis en avant et pourtant plus qu’essentiel dans ces dépotoirs universitaires. Cependant, tout ces efforts sont malheureusement loin d’être suffisant face aux manques inquiétants de civisme, de respect, d’éducation et même parfois d’humanité de certains étudiants. De plus elles ne disposent pas d’assez de temps pour équivaloir à l’encrassement quotidien de ces lieux. Par exemple, il m’est arrivé de voir une cuisinette de la Baie des Anges condamnée pour cause d’excréments dans l’évier. À la résidence Saint Antoine, les faux plafonds des douches sontrecouverts de mycélium qui pullulent à la chaleur et l’humidité. Je me suis souvent demandé ce qui les empêchait de donner des champignons qui en sont les fleurs. Je me suis aussi demandé pourquoi la dernière douche était recouverte d’algue et non de champignons et je trouvai la réponse un matin en l’utilisant. Comportant un fenêtre puisque côté mur extérieur elle était baignée de soleil permettant ainsi la photo-synthèse et donc la prolifération d’algues. Il faut savoir que de ces faux plafonds gouttent de l’eau qui suinte pendant même que l’on se lave et s’essuie. À présent, je vais poursuivre sans tarder avec les sanitaires. Déjà, il est parfois impossible de ne serait-ce que pénétrer dans la cabine. En effet certains étudiants ne semblent pas même savoir qu’il faut uriner intégralement dans la cuvette et non à ses abords plus ou moins immédiats. De fait l’urine colle au sol et dégage des odeurs pestilentielles et nauséabondes à la limite de l’acceptable en période de chaleur investissant parfois même les couloirs. Les chasses sont rarement tirées et les déjections fécales baignent et se désagrègent dans la cuvette. Parfois, certains oublient aussi de déféquer dans la cuvette et non pas au bord ou parfois à l’extérieur. C’est sans compter les vomissures et papiers journaux usagers laissés à la disposition des suivants.
Les poubelles jonchent les couloirs en dépit de l’interdiction de les déposer qui n’est pas appliquée. À la résidence Saint Antoine les sols sont recouverts d’une moquette très vieille et sale, maculée de toutes sortes de taches (vomi, nourriture, brulures, cigarettes…) et qui retient très bien les odeurs. Ces odeurs sont de toutes sortes et vont des relents des toilettes que je viens de décrire, des odeurs de tabac froid ou bien encore des odeurs mélangées de nombreuses cuisines différentes pour les meilleurs jours. Je profite ici de mentionner les odeurs de tabac pour dénoncer la non application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Les résidents fument à leur gré et même sous les détecteurs qui ne réagissent pas, ce qui est autrement inquiétant.
Concernant l’hygiène, il peut arriver de ne pas pouvoir se laver pendant plusieurs jours, parfois jusqu’à trois jours. À Saint Antoine la chaudière est aussi souvent réparée qu’elle ne doit être vétuste. Les délais pour prévenir les étudiants sont parfois de moins d’un jour quand la panne ne survient pas de façon inopinée. Mieux encore la communication de ces informations tels que les coupures d’eau ou d’électricité est très mal faite (lorsqu’elle est faite et dans des délais acceptables) c’est-à-dire que des affiches sont posées à des endroits qu’on ne peut pas voir, par exemple parmi un fouillis d’affichage en tout genre. Et la direction a toujours le bon mot ou la bonne réflexion pour se rendre irréprochable de ses incompétences. À la résidence Baie des Anges c’est une autre paire de manche. Cette résidence est composée de trois immeubles ou bâtiments différents. Quand les travaux dans le deuxième bâtiment, le central, furent engagés ce fut un calvaire pour les résidents des deux autres. Dès que l’eau était coupée dans le bâtiment en construction, elle l’était pour toute la résidence. Pendant un moment, il y eut des travaux à l’université qui nous coupait aussi l’eau. Imaginez-vous régulièrement ne pas vous laver pendant un jours, voir deux ou trois. Et quand je dis régulièrement c’est bien trop régulièrement. Arriver le matin et rester bloqué devant le jet d’eau froide si ce n’est très glacial en hivers, même pour Nice. Il m’est arrivé de tomber malade pendant trois semaines pour avoir pris une douche froide, une de trop. Lorsque cela arrive, vous ne pouvez plus faire votre vaisselle, vous n’avez plus d’eau pour vous faire à manger, vous brosser les dents et pire, la chasse d’eau ne peut plus être tirée alors que les besoin ne cessent pas. C’est l’hécatombe, une honte. Lorsque vous allez à la direction vous êtes, il faut l’avouer, très bien reçu, avec une certaine courtoisie mais c’est une façon bien aimable de vous signifier que vous ne leur importez pas. Ils ne peuvent rien faire et ne s’activent pas à faire quelque chose. La directrice de la résidence Saint Antoine n’a rien trouvé de mieux que de m’humilier devant d’autres personnes, en tout cas d’essayer en critiquant sournoisement mon travail de veilleur de nuit dans la résidence voisine Baie des Anges. Elle se permet de faire cela et d’être responsable d’une cité universitaire alors que celle-ci est un taudis. En outre, la directrice ne respecte pas le règlement en ayant deux chiens bruyants qui aboient à tout va alors que son logement se trouve au dessous d’une des barres d’immeuble dont elle a la charge. Enfin elle permet à sa fille de travailler à la résidence baie des anges; privilège accordé à une fille qui rentre en scooter à des heures très tardives et qui dérange et réveil les résidents qui surplombent son logement. Ce sont là des choses qui se savent et se disent mais qui évidemment ne peuvent jamais remonter, en tout jusqu’à la directrice. Car je vais aussi vous donner quelques clefs pour pouvoir vous défendre si vous vous trouvez dans ce genre de situation qui finit par devenir insoutenable et invivable. Avant cela et pour l’introduire je voudrai partager une dernière chose de mon expérience de résident. Ce fut ce jour où j’appris que j’avais une semaine à peine pour déménager et ce en pleine période d’examen de contrôle continu. Ce fut le cas de tous les autres étudiants du bâtiment A de la résidence Baie des Anges et certains même n’eurent que trois jours de délais. Les étudiants apprirent d’ailleurs dans le même temps que le bâtiment était infesté d’amiante. Il n’y eu que vingt places de disponibles pour monter à la résidence Saint Antoine mais le reste n’eut d’autre choix que de se déplacer juste à côté dans la bâtiment B. Ce fut un scandale. L’amiante fut comme un prétexte pour nous virer sans somation et sans que nous puissions nous retourner. Mais en réalité il faut savoir que la résidence n’avait que ce créneau pour obtenir le financement de la rénovation. Si elle avait manqué ce coche elle aurait été contrainte de fermer, trop vétuste. Mais une semaine ne permit pas aux étudiants d’adapter leur budget car les nouvelles chambres comportaient douches et sanitaires ce qui élevait le loyer de 80 euros en sachant qu’il était initialement de 144,60 euros. Heureusement, le CROUS réagit et ces étudiants eurent une réduction, mais pour un mois seulement. Ces nouvelles chambres font toujours 9 m², la taille d’un cagibis ou d’un débarras et ce pour se doucher, dormir et étudier. Tout est fait pour gêner la vie des étudiants. Il n’y a de place pour rien, le rangement des habits fait une trentaine de centimètres, on ne peut rien y mettre. Du reste rien n’est droit, pas même le bureau, tout est de travers, design et triangulaire. Comme si les livres étaient triangulaires, comme si les bagages l’étaient. Beaucoup de dysfonctionnements sont survenus et surviennent encore. Ainsi racontées, les choses n’ont peut-être pas la même réalité que lorsqu’il s’agit de les vivre mais je vous prie de croire que c’est un enfer. Que vous soyez parents, enfants, futurs étudiants ou étudiants qui ne résidez pas en Cité U, sachez bien qu’il faut s’accrocher pour vivre dans des lieux pareils. Ce sont des choses à découvrir chaque jour, dans le temps et à travers le quotidien, qui finissent par s’accumuler et ne plus être acceptables ni même vivables. Et pour ne pas que vous soyez dans une situation d’impuissance voici quelques conseils pour avoir des recours. Sachez que la vétusté telle que je l’ai décrite peut vous permettre de rompre le contrat de bail que vous aurez contracté avec la résidence. Vous pouvez contacter un conseiller juridique pour avoir plus de précisions quant à vos recours et aux démarches à votre disposition suivant votre situation dans la résidence. Par exemple, un réflexe simple est d’envoyer tout courrier de réclamation envers la direction du CROUS ou la directrice de votre cité en recommandé pour garder trace de vos actions envers et contre la cité ou le CROUS. Il ne faut pas oublier qu’il y a contrat et donc engagement et que tout ceci appartient à un cadre qu’est celui de la légalité. De fait, personne ne fait ce qu’il veut et vous n’avez pas à accepter de vivre dans de telles conditions. Les directrices ou directeurs ne sont pas tout-puissants et sont bien loin d’avoir le dernier mot. Prenez aussi des photos de ce que vous constaterez de visible (saleté,vétusté…). Vous pouvez aussi contacter des associations d’étudiants qui sont très bien au courant de cette réalité des cité universitaires et qui savent très bien y faire pression. Enfin vous pouvez aussi contacter des médias (radio, journaux…) pour dénoncer ou informer de ce que vous aurez vu ou vécu. Cette dernière démarche comme les autres d’ailleurs a plus de poids lorsqu’elle est collective.

Pour mieux comprendre pourquoi les cités sont dans un tel état et pour aller encore plus loin dans ce que j’ai à dénoncer je vais à présent faire appel à mon expérience de veilleur de nuit, c’est-à-dire aux quatre mois en tant qu’employé du CROUS.

Il est important de savoir que ce que les étudiants considèrent comme des directrices pour les résidences Baie des Anges et Saint Antoine ne sont en fait que des directrices adjointes. Une chose que personne ne sait c’est que la directrice de la résidence baie des anges n’est pas pleinement en mesure d’assurer son poste de directrice adjointe. Elle possède en effet un diplôme administratif de catégorie B alors qu’elle occupe un poste de catégorie A. Ceci pour faire des économie car elle est payée en catégorie B pour un poste de catégorie A. Cela signifie qu’elle a du apprendre cette nouvelle fonction sur le tas. La directrice de Saint Antoine venait souvent l’aider et elle fut assistée notamment pour ce qui est de la gestion comptable. De plus, le véritable directeur ne se trouve pas dans la résidence. Mieux encore, il n’y a qu’un directeur pour trois résidences et le restaurant universitaire de Carlone (Faculté lettres et sciences humaines). Ainsi, lorsqu’un problème survient et comme vous venez de le voir il y en a en grand nombre et de tous ordres, toute décision doit passer par lui alors qu’il ne se trouve pas sur le terrain. De plus, il y a tant de problèmes et un délais de processus administratif si long que ces problèmes sont résolus bien trop tard, laissant ainsi des centaines d’étudiants sans eau, sans chauffage ou sans électricité. Il faut le dire il est à présent question d’incompétence et de responsabilité. C’est pourquoi il ne faut pas tout imputer au directeur qui n’est sûrement pas responsable du fait de gérer trois résidences et un restaurant universitaire, ce qui est impossible à faire de façon efficace et appropriée ou à la directrice adjointe qui n’a pas eu le choix quand elle a été affecté à ce poste, sauf celui d’accepter un emploi ou de le refuser. Par exemple, les étudiants ont pour habitude de s’en prendre à la directrice adjointe ou même parfois aux agents d’accueil mais il ne faut pas commettre cette erreur. Tous ces dysfonctionnements trouvent leur source à la direction du CROUS qui ne peut pas faire face aux difficultés d’organisation et de direction pour cause de restrictions budgétaires. Car faire des économies c’est inévitablement économiser notre bien-être, nos conditions de vie pour étudier mais aussi et surtout nos conditions de sécurité. Car les quatre mois que j’ai passé à la Résidence Baie des Anges en tant que veilleur de nuit me permettent de faire un bilan déplorable et très inquiétant concernant la sécurité. Là aussi il y beaucoup à dire et je pense que rester sommaire en ne donnant que quelques anecdotes importantes sera suffisant pour se faire une idée de ce dont je vais parler. En terme de sécurité, le plus important est la sécurité incendie dont le « centre nerveux » est la centrale à incendie. Celle-ci indique deux choses principales. La première, les détections lorsqu’elles surviennent. C’est-à-dire que si un détecteur manuelles (boitier rouge) ou un détecteur de fumée est activé, ce dernier ainsi que son emplacement et son étage seront indiqués à la centrale incendie se trouvant à l’accueil principale des trois bâtiments. La seconde chose indiquée est ce que l’on nomme « dérangement ». Un dérangement indique un détecteur défectueux ou une trappe de désenfumage restée ouverte ou elle aussi défectueuse. Les dérangements sont signalés par des petits signaux lumineux qui clignotent sur l’imposante façade de la centrale. Pour se représenter l’état du système de sécurité incendie il suffit de savoir que cette façade est aussi appelée « l’arbre de noël » à cause des inombrables dérangements signalés et jamais traités ou bien inefficacement. Je vous laisse imaginer l’état de la sécurité incendie dans son ensemble. Il semblerait que ce soit la centrale qui soit défectueuse et non le système lui-même. Certes, mais comment être assuré que ces dérangements sont réels ou non, comment savoir s’il y en a qui existent mais qui ne son pas mentionnés ? Nous ne pouvons pas le savoir et d’après ce que j’en ai su, cette centrale n’a fonctionné correctement que deux mois depuis sa mise en fonction en août 2008. Les conséquences ? Elles sont simples, si un détecteur est réellement défectueux au milieu de cet « arbre de noël », il ne déclenchera pas l’alarme et un incendie pourra se propager parmi les étudiants profondément endormis.
Il faut aussi savoir et c’est loin d’être anodin que si un jour un incendie venait à se déclencher, il y a de fortes chances pour qu’il y ait de nombreux décès. Pourquoi ? Parce que les étudiants ont cœur à jouer avec les détecteurs manuels, se faisant ainsi la guerre parfois toute la nuit d’un bâtiment à l’autre. Il y a d’autres causes bien sûr comme ceux qui cuisinent en produisant une fumée plus qu’exagérée, ceux qui enfument les détecteurs par des « aqua » de cigarette. Il est donc facile de comprendre que les étudiants n’évacuent plus lors des déclenchements d’alarmes incendie. De fait, si un incendie survenait, personne ne sortirait. Puisque je parle d’évacuation, quelque chose me revient en mémoire. Il s’agit de la période de fin des travaux alors que les étudiants étaient déjà installés. Au quatrième étage du bâtiment B de la Baie des Anges, la seule issue de secours donnant sur le toit avait été condamnée un mois par les ouvriers qui l’avaient bloqué avec une épaisse planche noire solidement clouée au mur. Une fois encore, s’il y avait eu un incendie après l’issue donnant sur les escaliers, les résidents seraient restés coincés, n’ayant d’autre issue que la fenêtre de leur chambre surplombant la route d’une dizaine de mètres. Il y a bien d’autres choses qui m’ont intrigué et que j’ai signalé en vain pendant ces quatre mois. Deux détecteurs de fumées s’allumaient en rouge à intervalle régulier et sans raison, un bouton du quatrième étage bâtiment C concernant la coupure générale de l’électricité de l’étage lui aussi est allumé rouge. Mieux encore, les extincteurs sont inaccessibles. Ils sont dans des boites en fer fixées aux murs. Il y a une vitre derrière laquelle se trouve la clef de la boite. Sur la plupart des extincteurs la clef n’y est plus, ou le marteau lié à une chainette a été arraché. Une fois encore au risque d’être répétitif, si un incendie se produit il y a peu de chance de pouvoir le maîtriser à l’aide d’un extincteur. Je n’ai pas peur de me répéter car cela montre qu’il n’y a de sécurité à Baie des Anges presque uniquement parce que le risque ne se manifeste pas. Je n’ai d’ailleurs pas eu de formation à la sécurité incendie ou autre, ne bénéficiant que de mon expérience professionnelle passée et d’une formation « sur le tas ».
Toujours pour la sécurité, les caméras de surveillance étaient souvent et même pour certaines tout le temps en panne. Les entreprises passaient, réparaient et la caméra retombait en panne. Dans le cadre de ma fonction de veilleur, je me retrouvait avec un système incendie douteux et des caméras peu utiles. Lorsque la caméra du portail ne marche pas il n’est plus alors possible de contrôler les entrées. N’importe qui peu s’introduire dans la résidence ce qui est déjà arrivé. Une chambre a été forcée en pleine journée, des individus extérieurs ou « racailles » ont tenté des intrusions dans des chambres en pleine nuit.
La sécurité n’est pas le fort de la Résidence Universitaire Baie des Anges, car avec un seul veilleur de nuit on ne peut pas être garant d’une grande sécurité pour trois bâtiments c’est-à-dire et je le rappelle trois immeubles. Il y a certes des protocoles mais ils sont voués à montrer une présence de la part du CROUS et à lui retirer toute responsabilité. Lorsqu’un méfaits survient, il faut observer et apprécier la situation, appeler une personne qui s’est avérée dans mon cas à chaque fois incompétente pour avoir ou non l’autorisation d’appeler les services de police. Ces personnes sont d’autres directeurs de résidences qui sont de permanence la nuit pour intervenir si un problème survenait. Ils peuvent parfois se trouver à 30 kilomètres de la résidence d’appel, ici Baie des Anges. Et ces directeurs perçoivent des primes pour cela c’est-à-dire qu’ils doivent se déplacer en cas de problème. Cela n’a jamais été fait lorsque j’ai eu à les appeler. L’on m’a soit dit d’aller faire face à sept individus qui venait de s’introduire dans la résidence pour « aller chercher les filles russes » en déclenchant un arrêt général d’électricité à un autre étage pour s’amuser, ou alors on a tout simplement donné raison à un étudiant qui était plus que dans ses torts et qui m’avait insulté et menacé physiquement. Voilà à quoi ce personnel de permanence est payé.
Et il ne faut pas compter faire appliquer un quelconque règlement parce que cela peut presque vous êtes reproché. Il faut savoir que l’essentiel des veilleurs engagés sont des étudiants qui résident au sein de la résidence qu’ils surveillent. Chacun fait donc ce qu’il veut et le veilleur est quelqu’un de populaire. Dès mon entrée, beaucoup de résidents ont essayé de chercher mon amitié en m’invitant ou m’offrant des boissons ou de la nourriture.
Si l’on applique une règle même essentielle, on est insulté ou menacé. Les étudiants se croient chez eux et tout permis. Lorsque je parle de règle essentielle, il peut par exemple s’agir d’ouvrir la chambre d’un résident qui n’est pas présent. Ceci ne peut être autorisé en raison de la loi étatique même, car les résidents sont des locataires. On ne peut ouvrir leur chambre à tout va. Et lorsque l’on signale ce genre de comportement à la directrice adjointe, les rapports ne sont pas transmis au directeur car « il a bien plus important à faire ». C’est sans compter que la direction de la résidence est bien au courant des sous locations, des collocations, des ventes illégales de boissons alcoolisées ou non ou encore de trafics et consommation de drogues de toutes sortes.
La question est de savoir à qui il revient de prendre la suite de ces rapports ? Parce qu’il est difficile d’admettre que le privilège des cités universitaires soit donné à de tels individus. Car il ne serait pas étonnant de découvrir que ces individus sont les mêmes qui bouchent les éviers, urines à côté des cuvettes, vomissent dans les couloirs ; en bref des individus qui salissent tout et ne respectent rien.
J’ai même appris que même si les rapports et demandes d’exclusion parvenaient à la direction du CROUS ils ne trouveraient pas de suite. Parce que le CROUS est pris en étau avec les associations d’étudiants constituant le fond de commerce de la gauche. Le CROUS est ainsi bloqué face à des regroupements organisés et politisés. S’ils excluent un étudiant, il pourra être défendu par ces associations, elles-mêmes appuyées de politique. Le CROUS ne veut pas d’ennui et il ne peut rien faire. Et même si un étudiant est exclu, cela ne suffit pas à garantir ses lettres de noblesse aux Cités U bien trop polluées des comportements indignes de ces résidents soit-disant étudiants .

Comme je l’ai déjà dit tout ceci concerne les résidences Baie des Anges et Saint Antoine à Nice mais elles donnent un aperçu du versant opposé de ce que peut dégager une cité universitaire lorsque l’on se trouve du côté de ceux qui espèrent l’intégrer. Le but de cet article est de mettre au jour cette réalité pour que les futurs étudiants puissent de préférence fuir ces lieux de débauche et de désintérêt de la cause étudiante. Bien entendu il faut être conscient que ces cités constituent aussi une chance pour ceux qui habitent trop loin de leur université ou qui n’ont pas les moyens de payer des loyers « normaux ». Pour ceux-là ou ceux qui se trouvent dans des cas similaires sachez bien que beaucoup avant vous sont passés par là et cela plait à certains parce qu’il ne faut pas nier que cela peut aussi être une bonne expérience humaine. Mais le fait est là, ce n’est pas toujours le cas et le fond est celui que j’ai décrit dans la première partie de cet article. Le tout pour ceux qui n’auront d’autre choix que d’intégrer une résidence de ce type pour leurs études est de ne pas s’angoisser. Il reste quand même possible de passer ses diplômes et de vivre en dépit de tout cela. Vous aurez seulement bien plus de mérite que d’autres étudiants, c’est tout, et vous apprécierez bien intensément votre sortie.
Il est quand même triste et regrettable de songer au fait que les études sont ainsi soutenus par l’état français. L’ultime conseil que je donnerai à tout étudiant c’est d’étudier pour soi avant tout et ensuite de savoir pourquoi l’on étudie. Cela vous aidera à passer certaines épreuves telles que celles que je viens de vous présenter avec courage et détermination.

En vous souhaitant une bonne rentrée approchante,

Loac

Remerciements :

Je tiens à remercier Coralie Cyferman, étudiante en master d’espagnol à l’université de Nice, pour avoir eu la présence d’esprit de garder image de ces insalubrités scandaleuses et surtout de nous les avoir fait partager.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Myriam dit :

    Quelle horreur… je m’estime heureuse que le Crous aie toujours rejeté mon dossier, et je compatis sincèrement à ta cause.

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  2. Mathilde dit :

    Je ne peux que confirmer tout ce qui est dit dans cet article, du moins tout ce qui concerne le point de vue purement étudiant locataire. J’ai vécu 2 ans à la Cité U du Saulcy à Metz et c’était sanitairement déplorable. Bon j’ai survécu, et puis ça avait du charme aussi d’être étudiante « à la dur », j’avoue que je me suis souvent sentie un peu « supérieure » quand j’entendais des étudiants de ma promo se plaindre que leurs méchants parents ne leur avait donné « que » 50 euros d’argent de poche cette semaine, alors que ces mêmes horribles parents leur payaient un appartement de plusieurs pièces (!!) en plein centre-ville. Moi je n’avais que la bourse du Crous, sans possibilité de travailler parce que dans une filière trop sélective pour en avoir le temps (nos profs notaient les présences des étudiants aux conférences du soir, qui n’étaient officiellement pas obligatoires mais officieusement ça comptait comme de l’investissement personnel dans les notes de partiel…), et je vivais dans un 9m² à moitié délabré où je dormais, mangeais, faisait mes devoirs et mes travaux pratiques, où je rangeais mes vêtements, ma vaisselle, ma nourriture, mes papiers administratifs, ma valise, mon sac de cours, mes peintures, mes toiles, mes affaires de toilette…
    Aaah, la m**** et les touffes de poils dans les bacs de douches couverts de peinture écaillée, la fraîche odeur de vomi de bon matin après avoir été réveillée par 3 alarmes incendie durant la nuit et par les squatteurs du hall qui n’avaient pas compris au bout de deux ans qu’il fallait mettre une pièce pour avoir une cannette du distributeur de boisson, et qui s’acharnaient nuit après nuit à mettre des coups de pieds dedans pour que quelque chose en tombe… la porte soit-disant sécurisée de l’entrée qui s’ouvrait à toute heure du jour et de la nuit sans que qui que ce soit ait à passer sa carte de résident… les cuisines fermées par « punition » parce qu’on salissait trop, ce qui faisait qu’on n’avait plus qu’une cuisine ouverte par bâtiment, soit 2 plaques électriques pour environ 250-300 étudiants, ce qui augmentait encore l’intensité de crasse…
    Pendant plusieurs semaines un des toilettes était inutilisable parce que quelqu’un avait réussi à détacher une des plaques du plafond des sanitaires pour la coincer dans une cuvette. J’étais aux Beaux-Arts à l’époque, j’ai essayé d’interpréter ça comme une oeuvre d’art contemporain, mais le happening était un peu trop long à mon goût.
    J’avais pris des photos également à l’époque, en vue de constituer un dossier et de le faire remonter au ministère compétent, mais j’ai abandonné en me disant que très certainement si c’était dans un état pareil, les responsables le savaient et n’en avaient certainement rien à faire. « Parquons les pauvres dans des taudis dégueulasses pour les dégouter des études tout en leur souriant et en leur laissant croire qu’on les accueille à bras ouvert dans notre monde de lumière et de grandes idées. » C’est l’égalité des chances, parait-il.
    Effectivement quand on a son premier appartement après ça, peu importe la surface, on a tout de suite le sentiment d’avoir franchi un cap et d’avoir accès au luxe de la vie moderne 😉 On sort du taudis collectif style ouvrier du début XXe, ça se fête… et bizarrement on n’a plus honte d’inviter des gens chez soi !

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