Philothérapie : Article n°06 : « Burka : La vérité cachée »

Comme vous le savez, la burka est un sujet de débat très bruyant et j’y ai même déjà consacré un article. Cependant et depuis sa rédaction, je n’ai cessé comme vous d’entendre parler de cette polémique à différents niveaux. Depuis les choses ont progressé et plus j’ai repensé à ce problème plus j’ai éprouvé de difficultés à l’analyser, qui plus est avec le champs de réflexion que je vous ai proposé dans cet article « La burka ; entre apparence et liberté ». Ainsi, je me suis dit que si en tant que « philosophe » je ne parvenais pas à comprendre réellement ce phénomène et ses implications c’est que ces enjeux allaient finalement au-delà de la réflexion que j’avais pu en avoir. C’est pourquoi je me propose d’écrire à nouveau sur ce sujet avec une analyse plus complète de ce phénomène c’est-à-dire enrichit de philosophie sociale, de philosophie politique bien entendu sans prise de partie puisqu’il ne s’agit pas ici de faire de la politique active ou encore d’une rencontre avec un artiste, Grégor Podgorski que j’ai rencontré dans le cadre de son exposition à Paris intitulée “Femmes révélées, femmes effacées”. De très nombreux domaines sont ainsi concernés et mobilisés dans cette question de la légitimité de la burka.
Quant à nous et dans le cadre d’une analyse philosophique, nous dégageront trois dimensions à ce problème. La première concerne ce que représente assez directement la burka en elle-même, c’est-à-dire sa dimension humaine individuelle, et plus précisément la pression qu’elle opère sur les femmes. Il s’agira au fond de revenir sur ce qui a déjà été développé dans le précédent article en l’enrichissant d’une dimension esthétique, c’est-à-dire artistique.
Ceci nous conduira à nous élever à la dimension politique. De fait, pourquoi la politique s’intéresse-t-elle tant à ce problème ? Pourquoi lui donne-t-elle autant d’importance alors que nous avons des enjeux bien plus importants, immédiats et concrets à « résoudre » ? Et la politique peut-elle trouver une solution aux problèmes que pose la burka ?
C’est ce qui nous conduira à la troisième dimension, la dimension culturelle que je qualifierai par le terme de « mondialisation ». En se plaçant à cette échelle, ne peut-on pas voir en la burka, ou à travers la burka et les tensions qu’elle crée, une limite de la mondialisation en tant que libéralisation  humaine ? N’est-ce pas là une limite de la communauté humaine ? N’est ce pas là un problème ou une tension au sein même du concept d’humanité ? Nous verrons avec Horkheimer, philosophe social que ce problème est de l’ordre de la « transfiguration ». Nous constaterons qu’il appartient au philosophe de s’intéresser à ces tensions conceptuelles et de travailler à les résoudre ou au moins à les distinguer.

La première partie de cet article sera assez courte. D’une part par ce que j’ai déjà développé cet aspect du problème et d’autre part par ce que nous avons finalement tous le même avis sur cette question de tolérer ou non la burka ou encore de la considérer ou non légitime, en soi comme dans le cadre des lois et des mœurs de notre pays et même de notre culture occidentale. Comme je l’avais fait, il suffit simplement, dès lors que l’on est un minimum exercé à la philosophie, de se placer dans le cadre de la pensée kantienne, plus précisément dans sa Métaphysique des moeurs pour se rendre compte que cette pratique est largement condamnable et pour le moins insoutenable. Pour ne pas reprendre le développement que j’ai fait, nous pouvons simplement dire qu’il est possible de mettre n’importe qui derrière une burka. Nous vivons certes dans une société que l’on peut qualifier sans être trop simpliste d’individualiste mais nos réactions communes face à la burka nous montre que nous possédons des valeurs communes, se limitant au moins au corps et à sa visibilité.
L’autre extrême est ce que Grégor Podgorski, artiste engagé m’a expliqué quand je l’ai rencontré lors de son exposition ; ce serait de se promener nu dans la rue. Pour cet artiste le rapport au corps est quelque chose d’important si ce n’est d’essentiel dans sa démarche de création. Cette comparaison peut sembler certes étrange mais nous sentons bien qu’il y a un rapport d’identité. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas faire n’importe quoi de notre corps. Nous voyons bien que le respect d’autrui passe par un respect de soi, de ce qui en nous, notre corps est identique aux autres. Nous nous ignorons bien assez pour ne pas avoir à nous dissimuler ainsi les uns aux autres, qui que nous soyons, quelle que soit nos croyances, nos choix et nos opinions. Je dirai que nos lunettes de soleil « pare-brise » remplissent déjà bien ce rôle. De fait, nous qui ne portons pas la burka, c’est-à-dire nous tous excepté un petit millier de femmes sommes d’accord sur la statu de cette pratique. Cependant, nous sentons bien qu’il y a autre chose. Tout ceci paraît si évident que s’il n’y avait que ça nous n’en aurions plus entendu parler. Même l’interdiction du voile dans les lieux publics n’a pas fait autant polémique. Alors qui a-t-il de plus ? C’est ce que je n’ai cessé de me demander, ce à quoi je me suis confronté. De prime abord ce qui s’y rajoute de façon étouffante est la politique.

Exposition “Femmes révélées, femmes effacées” à Paris : http://www.grego-podgorski.com

Là aussi nous avons tous pu remarquer que la burka a eu un échos retentissant dans cette sphère. Il ne faut certes pas déconsidérer les tensions qu’elle soulève dans notre société mais l’intérêt que la politique a prêté à ce sujet paraît plutôt démesuré. Non pas par rapport au problème qui nous intéresse ici mais aux autres problèmes auxquels la politique doit s’appliquer. Le million de chômeurs en fin de droit cette année, les tensions internationales ou encore l’avenir économique de notre pays ne devraient-ils pas faire plus de « bruit » que la tension soulevée par environ mille femmes entièrement voilées ? Il s’agit de ce que nous pouvons appeler un « faire croire pour faire faire ». C’est-à-dire qu’en s’investissant de manière aussi préoccupée et appliquée à ce phénomène, le présentant de façon inquiétante, comme s’il s’agissait d’un défit dont on ne nous a d’ailleurs rien dit de vraiment précis nous avons nous-mêmes considéré la burka comme préoccupante et inquiétante. Mais ce n’est pas ce problème qui pose la question de savoir comment va se jouer notre avenir en tout cas à court et moyen terme d’une part, et d’autre part il faut aussi relativiser ce problème. Par ce qu’il ne faut pas non plus se figurer des scénarios catastrophes où toutes les femmes seraient voilées, où nous vivrions dans un monde de spectres noirs. La burka est un phénomène presque négligeable en terme de population bien que nous n’ayons pas de chiffres exacts.
Il ne faut pas pour autant mettre en faute la sphère politique comme nous avons l’habitude de le faire. De fait, comment peut-elle réagir ? La très grande majorité de la population est contre le port de la burka et à raison mais une loi est-elle pour autant la solution à ce problème ? Il ne faut pas oublier que ces femmes qui la portent le font souvent par choix, en raison d’une conviction religieuse. Il ne faut pas oublier que porter la burka est avant tout l’usage d’une liberté individuelle. Le reste ne vient qu’après. Ainsi, il serait possible de m’objecter que l’interdire c’est empêcher l’expression d’une liberté particulière, d’aller à l’encontre du principe de la démocratie ou encore de la laïcité. La laïcité signifie que l’état est séparée de la religion et que, par là aucune religion ne doit être imposée aux citoyens. Ainsi je me suis répondu, et c’est ce que je répondrai à quiconque me ferait cette objection qu’il ne s’agit non pas d’un problème de religion mais bien plus d’un problème d’humanité. Il s’agit ici d’un problème concernant les droits de l’Homme. La religion qui prône cette pratique ne doit pas nous intéresser ici. Ce qui nous concerne est le fait qu’elle empiète sur l’humanité, qu’elle que soit la manière dont elle le fasse.
Le problème que poserait l’application d’une loi serait ce manque de distinction entre religion et droits de l’Homme. Car il ne faut pas non plus mettre de côté le fait que ce problème humain est fortement rattaché à la religion. Alors comment est-il possible d’opérer une pareille distinction entre la préservation de l’humanité et une « non-atteinte » de la religion ? La question est complexe et n’appelle pas à une réponse simple. C’est pourquoi à mon sens une loi ne peut contenir à elle seule une solution valable et adaptée à ce problème. Mais alors à qui peut bien revenir une telle tâche ? Comme je viens finalement de le démontrer de part ce développement et sans prétention, ce travail est celui du philosophe, de l’exercice philosophique. Par ce que si le philosophe ne trouve pas de solution complète et absolument efficace, le miracle que tout le monde attend pour ensuite lui reprocher une sorte d’ impuissance, il évite au moins de faire des erreurs telles que celle qu’engendrerai une loi. Par ce qu’une loi ne résout pas vraiment un problème de cet ordre, elle ne fait que séparer, qu’étouffer par une pression sur la liberté individuelle des femmes voilées par exemple. La loi ne prend pas en considération la portée de son application dans la culture à laquelle elle s’adresse, ou encore elle ne saura pas répondre aux réactions qu’elle soulèvera.
Comme je l’ai annoncé, nous allons passer à la dernière dimension de ce problème de la burka mais avant cela, il y a encore une objection que j’aimerai me faire ici et à laquelle vous pourriez aussi penser. Vous pourriez me dire qu’il s’agit là d’un extrémisme religieux qui n’a en soi aucune légitimité et donc aucun poids face au fondement rationnel et juste de la loi. Je dirai alors que le problème ne vient pas vraiment de là, que cela n’enlève rien à sa réalité telle que je viens de l’exposer. Car si la burka provenait d’une religion non extrémiste ne poserait-elle pas le même problème, si ce n’est de façon plus importante même ? Bien entendu vous pourrez me répondre que s’il était question d’une religion plus modérée la burka n’existerait sûrement pas et vous n’auriez pas vraiment tort, mais nous sommes là dans une stricte supposition et de fait, cela nous prouve simplement que le problème est réel, même s’il s’agit ici d’un extrémisme religieux. La question que je poserai serait de savoir quelle est cette réalité du problème de la burka ? Il serait tant que nous en ayons une vision plus claire au milieu de ce boucan politico-médiatique. Cette réalité est d’ordre conceptuelle, ce en quoi nous allons en venir à la troisième dimension de ce problème, c’est-à-dire sa réalité.

La burka pose de fait un problème profond, celui du concept d‘Humanité. La libéralisation humaine ou ce que l’on peut aussi appeler « mondialisation » est ce que nous pouvons considérer comme étant la source profonde de cet épiphénomène ou phénomène de surface. Car cette « mondialisation » est la seule chose que nous ayons au dessus de nous et elle ne nous permet pas ou plus d’effectuer de « transfiguration ». C’est ce qu’Horkheimer développe dans sa Théorie critique. Max Horkeimer est le fondateur de l’école de Francfort (1930), et sa théorie critique est celle de la société. Il est question du sens de la pratique de la pensée philosophique dans la société du capitalisme. La transfiguration est un processus s’effectuant dans le rapport entre l’individu et la totalité, c’est-à-dire la collectivité qui l’englobe et dont il fait partie. Dans le terme de transfiguration il y a une forme d’élévation. En tant qu’individu, elle représente pour nous une prise de conscience de la signification métaphysique de notre propre mode d’existence. C’est ce qu’on fait les nazis avec leur concept de race. La transfiguration est ce qui permet de s’accommoder de son existence particulière. Dans leur vie limitée et dans leurs actions particulières les individus jouent un rôle pour la communauté, un rôle qui les dépasse. Autrement dit, une existence individuelle transfigurée est inscrite dans la totalité, elle y participe. Notre existence particulière n’a pas d’intérêt ou de valeur pour elle-même dans cette transfiguration, cette participation à la totalité, qu’il s’agisse de l’état, un parti politique ou une cause commune. C’est pourquoi cette participation à la totalité peut passer par le sacrifice de son individualité même. Cette transfiguration ou métaphysique de l’esprit objectif a cessé de s’opérer dans la société individualiste optimiste. Dans cette nouvelle société individualiste, il suffit de laisser faire la société elle-même, elle n’a plus besoin de cette médiation, de cette transfiguration. Cette société sans médiation, sans ce processus de transfiguration est celle qui a reposé sur la science et la technique, la société capitaliste. Et cette société n’a pas tenu ses promesses ; les individus se retrouvent dans une situation misérable mais surtout plus compensable par rien d’autre. Il n’y a plus de cause commune, de totalité englobant les individus. Il n’y a plus que cette mondialisation, ce flux de capitaux et de valeurs économiques loin et en-deçà de toute humanité, de toute existence particulière. C’est ce que nous ressentons aujourd’hui, nous ne comprenons pas le monde dans lequel nous vivons, il n’a pas de limite, il ne nous permet pas une vision claire ou encore ne nous donne pas de valeurs stables. Voilà dans quoi le phénomène de la burka s’inscrit. Elle reflète ce manque de cohérence et d’unité de la totalité que nous formons en tant qu’individu, cette « mondialisation ». Cette libéralisation de l’homme relève finalement de son détachement à ce processus de transfiguration, de sa mise « hors circuit ». L’Homme se compte aujourd’hui en milliard, en milliard de dollars, en terme de marché ou encore de croissance. Comment alors ne serait-ce que pouvoir dégager un concept d’humanité ? La mondialisation, toute éclatante a-t-elle pu être ne s’en est pas chargée. Et aveuglé par cette lumière nous avons délaissé ce qui nous inscrivait dans une totalité, ce qui donnait sens à notre vie, ce qui participait d’une vie « heureuse ». En d’autre terme c’est la philosophie que nous avons délaissé. J’annonce donc ici le sujet de mon prochain article, c’est-à-dire la philosophie elle-même.

Mais il convient de revenir à la burka. À cette échelle, vous pouvez constater qu’elle n’est qu’un point d’entrée à un problème bien plus vaste que ce que la politique peut nous en donner. Et nous avons tous l’intuition de ce problème et de certaines de ces implications. Nous sentons tous que l’avenir est incertain, que « le monde va mal » ou encore nous savons que les générations futurs ne connaîtront pas un avenir aussi tranquille que celui de nos parents et grands-parents ont pu avoir. Ce sont des pensées aussi simples qui reflètent ce manque, ce non-sens de notre existence face à cette libéralisation de l’Homme par la mondialisation. Vous comprendrez donc en quoi il ne peut revenir à la philosophie de proposer des voies de réflexion pertinentes soit au problème de la burka, soit à celui du sens de notre existence particulière. C’est pourquoi je parlerai à nouveau ici de « constructivité ». Il s’agit de ce que j’ai introduit et présenté dans l’article IV de Philothérapie portant sur le nucléaire et que j’ai exprimé dans la conclusion de l’article III sur la suppression de l’histoire-géographie en terminale scientifique « L’éducation de l'(ho)erreur ».
Le prochain article portera ainsi sur la philosophie elle-même dans son contexte actuelle. Nous en ferons donc une sorte d’étude de marché en s’intéressant à l’offre et la demande en philosophie et par là à son utilité et à son avenir. Ceci me permettra d’exposer davantage encore cette solution « constructive » qui je pense peut être pertinente et adéquate au(x) problème(s) que nous venons de soulever à travers la burka.

En attendant, je suis toujours disponible pour répondre à vos questions, commentaires ou objections. N’hésitez pas à me demander des développements, je serai ravis de compléter cette analyse qui à mon sens mériterai une rigueur et un approfondissement bien plus important. Mais je ne tiens pas à rendre mes travaux arides par des développements trop longs. Ainsi, si des choses ne sont pas assez claires ou bien mal définies je préfère et espère que l’on me demandera de corriger ces manques. Enfin, vous pourrez par ailleurs vous intéresser aux points que je vous ai exposé par les références suivantes :

Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs.
Site internet de l’artiste Grégor Podgorski : http://www.gregor-podgorski.com/
Horkheimer, Théorie critique.
Dans la rubrique « Philothérapie » de ce site : « La burka : entre apparence et liberté », « Le nuclaire ; un peu beaucoup… », « L’éducation de l'(ho)erreur ».
Dans la rubrique « Philopure » de ce site : « Commentaire : Kant et la morale », « Commentaire : Foucault et les bio-pouvoirs, Histoire de la sexualité, tome I »

Bien à vous, Loac

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. chantal aldeguer dit :

    la burka, c’est un sujet auquel je suis très sensible, je suis une femme, je suis née à Alger, j’ai des amies musulmanes, et je ne comprends pas celle qui au nom de la liberté ou de l’islam veulent s’habiller ainsi, pardon de dire que presque toutes celles que j’ai pu rencontrer avec ce grand voile noir étaient européenne et non pas arabes. J’ai vécu mai 68, j’étais jeune encore, mais pourtant les femmes se sont battues à l’époque pour leur liberté, (qui n’est pas encore acquise dans tous les domaines, hélàs..)
    j’ai lu le coran, je le possède, et non, je n’ai pas trouvé cela, d’autant plus que le coran a été écrit au VIIème siècle, et qu’à l’époque il fut une avancée pour les femmes, ben oui ! car toutes les femmes meme les chrétiennes étaient d’une façon ou d’une autre voilée. Moi meme, quand j’allais à la messe (je suis, j’étais catholique) dans les années 60, je devais mettre un foulard (horrible !) les hommes d’un coté les femmes de l’autre, d’autant plus aussi que dans certains pays, des femmes se battent non pas contre leurs religions, mais contre leur culture ce qui est complètement différent. Car la burka, c’est la culture et non pas la religion. La liberté c’est dans le coeur que nous la possédons, dans nos actions, dans notre regard, nous n’avons besoin de rien d’autre et quand nous aimons, nous ne voyons rien d’autre que celui que nous aimons, et aucun voile n’est necessaire
    je soutiens toutes mes soeurs musulmanes qui veulent vivrent selon notre siècle, et meme si elles sont croyantes, je le suis moi aussi, nous avons tous le meme Dieu,
    je ne devrai peut etre pas écrire cela, mais pour moi c’est un faux débat et on en parle trop, parlons aussi des autres femmes et aidons les , car elles méritent d’etre aidée, et c’est celles là qui m’interressent, alors ben voilà, je vais oser embrasser mes soeurs musulmanes coincées entre religion et culture, et les autres tant pis, un jour elles comprendront peut etre que Dieu se porte dans notre coeur et notre regard et pas autrement, enfin je parle pour les jeunes, je comprends celles qui ont toujours vécu ainsi et je ne condamne personne, rien n’est vraiment simple..
    voilà, ce n’était ni du racisme ni de la politique mais un cri du coeur
    amitié à tous

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