PHILOTHERAPIE

Philothérapie : Article n°01 : « La burka : Entre apparence et liberté »

Pour nous intéresser au problème que pose la le voile intégrale aussi appelé « Burka » ou nous poser la moindre question, nous allons tout d’abord voir brièvementphilotherapieii3 ce qu’elle est et ce qu’elle représente. Puisqu’il s’agit de voile intégrale il s’agit de cacher le corps dans son intégralité, parfois même jusqu’au regard. Pourquoi ? Par ce que le corps est sujet au péché par ses tentations, les désirs ou encore tricheries par exemple en vue de séduire. La fonction de la Burka est donc religieuse et il est même question d’un extrémisme religieux. Nous savons que l’extrémisme à souvent tendance à radicaliser ses pratiques et c’est ce qui semble se présenter à nous dans cette considération de la Burka. Mais comment pouvons-nous nous interroger sur la légitimité d’une pratique qui pourtant semble clairement être issue d’un choix raisonné. Mettre la Burka pour une femme en tant qu’elle n’y est pas obligée est un acte réfléchit et rationnel. Elles agissent ainsi en raison de leurs croyances. Ce ne sont pas ces croyances que nous devons juger mais plutôt du bienfondé de cette pratique pour satisfaire cette croyance. Le point délicat sera plus tard le fait qu’il s’agisse de l’acte d’une volonté libre. L’interdire ou agir en ce sens ce sera donc réduire cette liberté et donc mal agir sur un plan moral.
Nous allons donc plus précisément nous intéresser à ce qui fait problème dans la Burka.
Pour cela nous allons partir de données fondamentales. Notre être peut être divisé en deux parties ; il a d’une part notre corps et de l’autre esprit ou âme qui aujourd’hui un équivalent plus religieux de l’esprit. Nous pouvons dire que l’esprit est ce qui anime le corps, ce qui le rend vivant. Nous connaissons tous l’expression « avoir de l’esprit » ou encore il y a l’étymologie du mot animé qui vient de animus, l’ « âme » ou « souffle de vie ». Ainsi le corps est ce par quoi s’exprime cette vie, cette animation, cette vie ou encore vitalité.
En revenant à notre problème, une première question peut-être posée : Puisque le corps est caché dans cette pratique de la Burka, comment savoir quel est l’état de la vie qui s’y cache ? Comment savoir si elle est heureuse ou pas, en santé ou pas, en relation avec nous ou indifférente ? Et cette vie s’entend cette fois en deux sens, aussi bien au sens de corps et d’esprit.
Et nous pouvons aller plus loin encore. Ce qui confère l’individualité du corps ce sont les gênes et sa vitalité propre. Ainsi ce qui confère l’individualité de l’esprit c’est le corps hors l’individualité, en latin « individuum », ce qui ne peut être divisé, de l’esprit est ce que nous appelons personnalité.
Ainsi, en cachant le corps on cache ce par quoi l’esprit c’est-à-dire la personnalité peut s’exprimer. Il s’agit donc aussi de nier la personnalité. Ce n’est donc plus du tout la même chose que de caché le corps comme source de péchés. Une part de l’existence même de la femme est donc niée par la Burka.
Ceci est ce que nous pouvons considéré comme l’enjeu de notre problème de la légitimité de la Burka et nous pouvons aller plus loin encore. Selon Kant, notre personnalité est de l’ordre de l’autonomie que chacun de nous possède, notre liberté et même ce qui nous confère notre propriété d’humain. Autrement dit, la personnalité est ce qui fait que nous sommes des êtres humains. Cacher le corps et c’est plus grave à la lumière de ceci, cela revient à la déshumaniser. Pourquoi est-ce si grave ? Par ce que cela implique que la femme n’est non plus une dignité humaine mais une valeur humaine. La dignité humaine provient de cette liberté, cette autonomie de l’esprit à se prendre en charge. Le voile intégrale prend donc en charge le corps de la femme et donc sa liberté puisque c’est par le corps qu’elle s’exprime. La Burka efface donc cette liberté d’agir et d’être mais aussi ordonne d’autres façons d’être et d’agir. Car il y a derrière la Burka toute un système de valeurs et de codes à suivre pour agir en parfaite conformité à ses croyances. Cette pratique est donc la base d’une reconfiguration de l’être, ici de la femme. Le voile intégrale fait donc table-rase de sa personne et lui impose la « recette », les normes d’un code morale religieux de ce que doit être une femme.
D’ailleurs lorsqu’un homme en faveur de cette pratique religieuse est questionné, il ne voit pas où est le problème quant à la garantie du respect des femmes puisque pour eux elles ont toujours une valeur. Or c’est là tout le problème encore une fois. La femme et tout être humain en général n’a pas de valeur mais avant tout une dignité. Ces propos trahissent cette déshumanisation car dès lors qu’elle à une valeur, la femme est déshumanisé et sa liberté est conditionnée. Il serait juste de dire qu’une femme à une dignité, une autonomie ou encore une liberté d’être.
Le risque que nous venons de dégager est donc considérable. Ce procédé est le risque de faire de la femme non pas une personne telle que nous venons de la définir mais une chose. La chose est, toujours selon Kant, ce qui n’a pas de dignité. La chose obéit à des lois extérieures à elle, telles que les lois de la nature ou d’êtres possédant une liberté. La chose n’a pas d’autonomie morale car la morale est le choix d’une volonté d’élire ses lois selon sa liberté.
Par exemple, l’animal est une chose par rapport à la personne en cela même qu’il n’agit qu’en suivant les lois de la nature. Il ne possède donc pas de moralité puisqu’il ne choisit pas librement ni même en conscience, en connaissance de ces lois qui le déterminent, en connaissance de causes.
Il ne s’agit pas de mettre la pratique de la Burka dans le domaine de l’animalité ou de quoi que ce soit de cet ordre puisqu’il s’agit à la base, rappelons-le, d’un choix donc d’un acte d’être libre.
C’est là une première mise en garde pour qui vient d’être mis en lumière soit bien compris et que la suite le soit elle aussi. Car nous sommes en mesure de comprendre les forces et les subtilités de ce qui semble être de toute évidence un processus de déshumanisation dans ce port du voile intégral.
Intéressons-nous aux événements récents, sujets de polémique et que nous avons déjà vu apparaître sous une autre forme avec le débat concernant le port du voile.
Revenons sur le mariage civil qu’un maire à refusé de célébrer par ce que la femme était entièrement dissimulée par un voile. Il ne s’agit pas et nous en conviendrons suite à notre analyse d’un simple morceau de tissu comme de l’impolitesse d’un couvre-chef que l’on ne retire en entrant ou autre. Ce n’est pas le problème ou en tout cas il n’est pas véritable. L’ennui est de célébrer l’union de deux personnes par rapport à leur individualité. Le mariage civile est fondé sur des valeurs morales qui concernent en premier lieu la personne et par suite l’individu. Deux personnes peuvent se marier mais pas deux choses. Le problème est donc le statu de la femme entièrement voilée dans le mariage. Est-elle toujours réellement une personne en tant que l’abnégation de celle-ci est le résultat d’un choix à la base libre et autonome ou est-elle une sorte d’esclave soumise à des valeurs portant atteinte à sa dignité, une personne fortement blessée et en partie victime d’elle-même ? La réponse ne peut évidemment pas être tranchée. C’est ce qui fait que ce problème est un problème subtile dont la résolution n’est pas évidente ou directe.
Nous sommes cependant en mesure de comprendre et de légitimer le choix du maire. Les valeurs du mariage civile français étant différentes de celles exprimées par le port de la Burka, il est possible de déclarer l’impossibilité d’un mariage qui se veut impossible en raison de cette incompatibilité, cette contradiction.
Le problème de la Burka prend donc ici une dimension culturelle. De la personne morale, remarquons que nous passons soudainement un toute une culture. L’enjeu s’élargit et se complexifie d’autant plus puisqu’il est question de l’humanité de toutes les femmes concernée par ce voile.
Il pourrait paraître simple d’interdire cette pratique comme par une sorte de principe de précaution pour la sécurité, la garantie et la préservation de l’humanité des femmes. Mais le problème serait comme déplacé, si ce n’est transformé. Cela pourrait être pris et le serait sûrement comme le refus d’une culture et donc un non respect de nos valeurs républicaines françaises. Et cette interdiction ferait l’objet d’un sentiment d’exclusion, comme d’une sorte d’agression, d’atteindre à une culture. Alors pourront se créer des tensions sociales entre les deux systèmes de valeur. Le problème nous pouvons facilement le constater devient multiple puisqu’il devient aussi social en posant par exemple le problème de la limite de ce qui peut être considéré comme ce que l’on appelle du racisme.
Remarquons que ce qui est licite est beaucoup plus facile à observer et donc à comprendre que ce qui est illicite. Aussi pouvons nous nous demander si interdire ce n’est pas nous empêcher de comprendre, de voir le problème réel que pose la Burka sur l’humanité de la femme. Interdire serait comme repousser quelque chose, quelque chose qui pourtant est là, face à nous. Ne serait pas alors risquer de transformer le risque en menace ? Si tel était le cas, n’oublions pas que nous en serions une nous aussi.
Le fait que les politiciens passent plus ou moins ce problème sous silence peut sûrement être interprété comme l’évitement de ce problème finalement très épineux que nous ne sommes pas réellement pas en mesure d’embrasser dans l’étendue de ses conséquences possibles.

Quoi qu’il en soit ce silence ne constitue pas non plus une réponse satisfaisante à ce problème et au contraire le laisse en l’état, en devenir sans contrôle ni réelle attention.
A mon goût, ce problème doit aussi bien trouver solution de notre côté que de celui de ceux qui représentent cet ordre religieux. Il s’agirait donc d’un commun accord nécessitant une sorte de coopération des deux partis. Peut être faudrait-il dans un premier temps trouver un interlocuteur plutôt qu’un adversaire. Car rappelons-le, la Burka n’est pas en soi le problème mais l’objet du problème, son apparition. Il est donc question de régler le problème, la source de mal et non son symptôme. Cela doit à mon avis passer par la discussion de ce problème entre les principaux concernés que nous venons de désigner. Et exposer ce problème de la manière qui vient d’être faite est me semble-t-il un pas meilleurs vers sa résolution et en tout cas plus efficace que d’imposer simplement ses idées et valeurs comme la brut affirmation d’une identité nationale ou culturelle sans que leurs fondements et leur légitimité ne soient expliqués, démontrés et argumentés. Car cette affirmation semble-t-il peut avoir comme effet un affront, une réponse qui serait aussi « sèche » et même défensive, une affirmation qui devient adverse, étrangère et donc en ce sens fortement sujette à « ennemisation ».

burka

2 réflexions sur “Philothérapie : Article n°01 : « La burka : Entre apparence et liberté »

  1. J’ai abordé ce sujet dans mon blog mais d’un point de vue plus sociologique et psychologique que philosophique au sens académique du terme bien que je sois issu d’une formation proche de la vôtre. Nos pensées se croisent sur plusieurs points, c’est bien volontiers que j’échangerai avec vous…Félicitation pour votre démarche d’expression, allez voir JLBaque’sblog, vous pouvez me joindre également sur Facebook.

    Cordialement Jean-Luc Baqué

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  2. C’est rare de voir de l’objectivité à l’œuvre sur un problème actuel. Ce qui me fait dire qu’ils serait bon d’engager des personnes ayant étudié la philosophie pour remplacer certains politiques qui préfèrent effectivement laisser de côté ce genre d’affaire, par couardise (ce que l’article a bien explicité). Je pense que le maire a bien réagi. Il ne faudrait pas sous-entendre que nous acceptons cette vision de la femme dans notre pays. En prime, que dénote cette attitude sinon de la provocation? Venir se présenter à la mairie de cette façon, était-ce indispensable? Cet effort de conciliation s’il n’est pas commun, ne fera germer aucune solution.

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